Introducción de Adam Thirlwell a la entrevista (Otoño 2020) con Vila-Matas en The París Review

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He   writing   of   Enrique   Vila-Matas   is   marked  by  a  dazzling  array  of  quota-tion, plagiarism, frames, self-plagiarism, digressions  and  meta-digressions:  an  intense  and  witty textual delirium that has made him one of the most original and celebrated writers in the Spanish language. Born in Barcelona in 1948, he published his   first   novel—a   single,   sternly   uninterrupted   sentence—in  1973.  Continuing  his  fidelity  to  the  myth  of  the  avant-garde  writer,  he  then  moved  to  Paris,  living  in  a  garret  rented  from  Marguerite  Duras,  before  returning  to  Barcelona,  where  he  spent  the  next  decade  publishing  novels,  a  story  collection, and literary essays. It  was  with  his  sixth  book,  however,  A  Brief  History   of   Portable   Literature   (1985,   translation   2015).  The book poses as a history of a secret society of twentieth-century artists and writers, including Duchamp, Walter Benjamin, Kafka, and others. Its reckless linking of real names to imaginary quotations and vice versa, its mingling  of  fiction  with  history,  made  him  notorious—and  represented  a  new moment in European fiction. Reality can only be apprehended through a comical, dazzling network of texts—that was the book’s basic proposition, and  its  implications  and  complications  are  what  Vila-Matas  has  continued  to explore in wildly deconstructive novels like Bartleby & Co. (2000, 2007), Montano’s Malady (2002, 2007), and Never Any End to Paris (2003, 2011), as well as in critical fictions that include Chet Baker piensa en su arte (Chet Baker thinks about his art) (2011), The Illogic of Kassel (2014, 2015), and Marienbad électrique (Electric Marienbad) (2015). Vila-Matas has won many grand awards (the Premio Rómulo Gallegos, the  Premio  Herralde,  the  Premio  Leteo,  the  Prix  Médicis,  the Premio Formentor, The Premio de la Fil de Guadalajara among  others),  but in person he is modest and generous, always solicitous toward younger generations  —I  first  met  him  a  few  years  ago  through  our  mutual  friends  Alejandro  Zambra  and  Valeria  Luiselli.  He  dresses  with  elegant  reserve,  a  disguise  for  a  mischievous,  fantastical  soul.  We  conducted  this  interview  over two prolonged sessions in Barcelona last summer and fall, speaking in a  mixture  of  French  and  Spanish  while  his  agent,  Mònica  Martín,  offered  interpretive aid and sometimes joined in the conversation. This polyglot mix-ture  was  transcribed,  edited,  then  retranslated  into  Spanish  and  rewritten  by  Vila-Matas  before  being  definitively  translated  into  English.  Its  multi-lingual,  multilayered  history  seems  an  accurate  analogue  to  Vila-Matas’s  polymorphous style.  According to the terms of Vila-Matas’s thinking, the real can only fully acquire a luminous existence when inserted into a prior network of words— even, for instance, a conversation. Both sessions of our interview took place in the gardens of the Hotel Alma in Barcelona. Vila-Matas chose the location partly for its peacefulness—but really, he observed, because it was where he set  the  final  exchanges  of  his  most  recent  novel,  Esta  bruma  insensata  (This  senseless haze) (2019). The two conversations, one fictional, one real, could therefore gradually infiltrate each other—this was his hope—and reach their own separate level of truth.  After our final session, before we headed off for coffee at the Europa Café on  Diagonal,  Vila-Matas  invited  me  over  to  his  apartment  and  showed  me  his small writing room, the bookshelves of which were filled with works by his  beloved  authors—Beckett,  Kafka,  Tabucchi,  Duras,  Joyce,  Walser,  and  friends like Rodrigo Fresán and Roberto Bolaño. That space, I began to think, was  the  visual  form  of  Vila-Matas’s  literary  philosophy—fragile,  futuristic,  and  infinitely  valuable:  an  idea  of  writing  as  a  singular,  patient  process  that  can absorb and create the hyper world outside it.

Adam Thirlwell

https://www.theparisreview.org/interviews/7600/the-art-of-fiction-no-247-enrique-vila-matas

Manhattan Tanning Corp.

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Barbería de Manhattan (foto de Vila-Matas

Barbería de Manhattan (foto de Vila-Matas

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Bibliografía francesa de CETTE BRUME INSENSÉE (agosto-septiembre 2020)

  Manhattan Tanning Corp.
  1. Kaprièlian, Nelly. Liberation de les pouvoirs magiques de la littérature. Les Inrockuptibles. Aout 2020.
  2. La viduité. Dédoublement de la disparition. Viduite.wordpress. 7/08/2020.
  3. Fillon, Alexandre. Vive l’écriture! Les echos (15 coups de coeur de la rentree). 27/08/2020.
  4. Quiriny, Bernard. Artisan du faux-semblant. Le Magazine Littéraire. Septembre 2020.
  5. Mony, Olivier. Visible, invisible. Le Magazine. Septembre 2020.
  6. Anonyme. L’un de ses plus complexes et des plus essentiels romans. Livres Hebdo. Septembre 2020.
  7. Lindon, Mathieu. VM et le «facteur fraternel». Liberation. Septembre 2020.
  8. Noiville, Florence. Enrique Vila-Matas, antibrouillard. Le Monde. 17/09/2020.
  9. Jacob, Didier. Contre son frère Bros. Le Nouvel Observateur. 18/09/2020.
  10. Chaume, Delphine. Magnifique roman. Un livre un jour [France 3 / France Culture]. 20/09/2020.
  11. Perreau, Yann. Portrait fascinant et vertigineux de Pynchon. Les Inrockuptibes. 21/09/2020.
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EL TALENTO DE DELPHINE CHAUME [FRANCE CULTURE] AL RECOMENDAR ‘CETTE BRUME INSENSÉE

DELPhine chaumeAujourd’hui j’avais envie de parler du magnifique roman d’Enrique Vila-Matas @ActesSud Cette brume insensée formée des mots des écrivains et créant un monde peut-être plus tangible que le monde réel…

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LE MONDE /// Cette brume insensée: Vila-Matas, antibrouillard

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LE MONDE ///  Cette brume insensée: Enrique Vila-Matas, antibrouillard

Par Publié aujourd’hui à 18h00, vendredi 18/09/20

https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/09/18/cette-brume-insensee-enrique-vila-matas-antibrouillard_6052782_3260.html

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Soixante-douze ans, l’âge idéal pour un bilan. Mais qu’inscrire dans la colonne des plus et dans celle des moins ? Le narrateur d’Enrique Vila-Matas, Simon Schneider, n’y voit plus rien. D’où ce titre, emprunté à Raymond Queneau (1903-1976) : « Cette brume insensée où s’agitent des ombres, comment pourrais-je l’éclaircir ? »

Tout est dit dans ces quelques mots. L’ombre, c’est lui, Simon, un écrivain raté, un grand lettré pourtant, érudit comme on n’en fait plus – mais n’est-ce pas justement là une part du problème ? Cet anachronisme vivant, ce boulimique de lecture et d’écriture, a passé son existence à accumuler des citations, cédant à une « nécessité absolue d’absorber toutes les phrases du monde ». Et comme il faut bien vivre, il s’est reconverti dans le commerce desdites pensées. « Simon Schneider, fournisseur de citations littéraires », peut-on lire sur sa carte de visite. Pour diversifier son gagne-pain, il est aussi « traducteur préalable », comprenez qu’il « anticipe les difficultés pour le traducteur star » qui signera la version finale, Simon, lui, restant, comme d’habitude, dans l’obscurité.

A propos d’« ombres qui s’agitent », voilà que Vila-Matas fait ici entrer en scène un deuxième personnage, Bros, qui ressemble à Simon, et pour cause. C’est son frère, écrivain lui aussi : le même en « réussi » – enfin, selon les critères de notre époque. Faute de percer en Espagne, Bros a changé de nom et s’est installé aux Etats-Unis, où il a efficacement programmé sa célébrité mondiale en devenant invisible, comme Thomas Pynchon et J. D. Salinger. Peu importe ce qu’il livre au public, il est désormais une star, si bien que, lorsqu’il propose que Simon devienne son fournisseur de citations – comme ça, de loin, sans jamais le voir –, ce dernier accepte pour des raisons alimentaires. Mais avec, dans la bouche, un étrange mélange de soulagement, d’amertume et d’humiliation.

Comme dans toute son œuvre, c’est sur l’écriture – l’« impulsion tyrannique », le besoin viscéral de compléter une phrase pour éclairer l’opacité du monde – que s’interroge ici le grand écrivain barcelonais. Peut-être oppose-t-il de façon un peu démonstrative culture savante et industrie du divertissement – d’une part, le bon écrivain raté, « à l’ancienne », solitaire, romantique presque ; de l’autre, le produit commercial qui plaît et réussit. Mais force est de reconnaître que son portrait de Simon en dit long sur la manière dont un « vétéran » de la plume peut aujourd’hui se sentir égaré dans un monde privé de sens et de repères – la « brume insensée » de Queneau. Perdu, incompris, ignoré, mais aussi déchiré, clivé.

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Lire aussi, sur « Chet Baker pense à son art » (2011) : Enrique Vila-Matas :  conscience comique.

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Vila-Matas, ou plutôt son double, parle a Cette brume insensée de « la disjonction entre la dévalorisation de cette putain d’écriture (avec la renonciation logique qui s’ensuivait) ou l’adhésion à la foi, à la joie et à la continuité ». Simon explique parfaitement cette oscillation qui le taraude : « D’un côté, il y a une tendance chez moi à me précipiter sur ma propre ombre. Et, de l’autre, un désir d’ascension, une tendance à voyager vers le lointain éther d’une bonne lumière matinale dans laquelle trouver enfin, quoique brumeux, mon véritable point de vue »… sur une table d’écriture. Car Simon, évidemment, n’a jamais trouvé mieux que les mots comme réponse au chaos. C’est même son seul objectif clair dans la vie : mettre un point au terme d’une phrase.

Aussi Cette brume insensée est-elle tout cela à la fois. Un concentré lucide de doute et de foi, de désarroi et de joie, de clair et d’obscur. Avec un retournement final et un gros zeste d’humour qui rend la tragédie supportable. Et même délectable.

Signalons, du même auteur, par le même traducteur, la parution en poche de « Paris ne finit jamais », Babel, 288 p., 7,90 €.

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CETTE BRUME INSENSÉE a Le Nouvel Observateur (L’Obs)

Raul Ruiz en Valparaíso-3 [1280x768]Ecrivain raté, traducteursans avenir, Simon collectionneles citations de grands écrivains.Il peste, depuis la maison qu’ila héritée de son père, contre sonfrère Bros, qui a connu, lui,un immense succès à New Yorken écrivant de brefs livres,avec l’aide de Simon. Fidèlea ses obsessions, le maîtreespagnol s’amuse du néantglobalisé en multipliant chausse-trapes littéraires et hommages àcertains de ses auteurs fétiches :Beckett, Pynchon, Queneau.

DIDIER JACOB,

Le Nouvel Observateur (L’Obs)

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Les pouvoirs magiques de la littérature [Kaprièlian sur ‘Cette brume insensée’, a LES iNROCKUPTIBLES]

tam tamDans  CETTE BRUME INSENSÉE (Actes Sud) le grand écrivain espagnol libère les pouvoirs magiques de la littérature, entre métalangage et métaphysique, pour défier la réalité meme.

[Nelly Kaprièlian, LES INROCKUPTIBLES. Sept 2020]

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EL DIBUJO DE LA VIDA [Café Perec] ó EL ASCENSO AL PAS DE QUENEAU.

Dibujo en GPS de Raymond Queneau por Étienne LécroartEstaba siguiendo en televisión el Tour, el ascenso al Pas de Peyrol, cuando me pregunté qué había sido de Stephen Lund, que también era ciclista, pero de otro estilo.  Cinco años antes había escrito sobre Lund al enterarme de que en su ciudad natal, Victoria, Canadá, salía a pasear en bicicleta y, valiéndose de la aplicación Strava, se divertía registrando sus itinerarios y creando curiosas “figuras”, que publicaba en su web GPS Doodles.

¿Qué habría sido de aquel “atleta creativo” que animaba sus entrenamientos con aplicaciones de seguimiento que muchas veces trazaban figuras extravagantes en mapas para GPS? Al principio, Lund sólo pretendía rastrear y analizar su desempeño como corredor, pero se topó con la magia cuando vio que su pedaleo podía crear en Strava tanto perfiles humanos como mensajes escritos. Entonces, un glorioso primer día de 2015, salió temprano de casa y conmovió a sus paisanos cuando con su recorrido en bicicleta trazó en su GPS una felicitación de Año Nuevo en las calles de Victoria.

Investigué en la Red qué había sido de Lund y de su extraña forma de vida y descubrí que en el siniestro 2020 se volatilizaban a mediados de abril las huellas de sus aventuras ciclistas. Y me aterró la posibilidad de que se hubiera cruzado en su vida cualquier contratiempo tan propio de nuestros días, aunque al final decidí no obsesionarme y pensar en otra cosa y fui a caer en algo que no estaba lejos del mundo de Lund, fui a pensar en un deliberado retrato del escritor Raymond Queneau trazado con GPS sobre un mapa de París. Era un retrato que me había regalado un dibujante francés, un  miembro de OuLiPo que había participado en una reunión de hacía ya tres años de este grupo, reunión a la que había asistido invitado por Eduardo Berti, y por Pablo Martín Sánchez, el único español miembro de OuLiPo.

Al regresar a Barcelona, había enmarcado aquel dibujo y lo había colgado en una pared de casa, y de hecho tenía la vaga pero a veces consistente sospecha de que el retrato había estado ejerciendo un influjo especial sobre mí, hasta el punto de intervenir en la elaboración de la novela que publiqué el año pasado y que, tras superar variadas brumas y ascender a diversas cumbres, incluida la que llamo en secreto Pas de Queneau, había acabado titulando con unas palabras precisamente del tal Queneau.

No recordaba cómo se llamaba el dibujante y lo pregunté por correo a Martín Sánchez, que tuvo la amabilidad de decirme: “Sin duda se trata de Étienne Lécroart (miembro del OuLiPo y del Oubapo), que en aquella reunión presentó dos retratos, uno “en creux” de Emmanuel Carrère y el de Queneau que, por lo que me cuentas, te regaló a ti y cuyas líneas suman un total de 110 kilómetros por las calles de París”.

Y fue curioso. Al leer esos datos, creí entrever de pronto un mundo en el que no resultaría del todo imposible que, en su pedaleo interrumpido de abril,  Lund hubiera sido relevado por Lécroart, que así de algún modo habría ido reforzando la continuidad del dibujo de la vida, cada día, por cierto, más amenazado. ¿O no?

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Leonardo Valencia entrevistado en Cuadernos Hispanoamericanos. Sept 2020

leonardo valenciaPersonalmente, una de mis deudas mayores es con Enrique Vila-Matas, un ejemplo de escritor libre entre muchas tradiciones. Recuerdo con afecto que él mismo se ofreció a presentar mi primera novela, El desterrado, en un almuerzo de prensa en el Set Portes en Barcelona. Yo no me habría atrevido a pedírselo. Fue un gran apoyo, porque los periodistas me bombardeaban de preguntas y yo estaba aterrado por no saber cómo explicar lo que había escrito, era mi primera novela, hasta que Enrique levantó la mano, los apuntó con el índice con esa expresión que a veces parece furibunda pero que es de una profunda ironía y de un humor radical y les dijo: «la literatura pura no se debe explicar». Fuimos vecinos del mismo barrio de Gracia durante varios años hasta que se mudó al Eixample. Es un placer y un reto intelectual conversar con él. La última vez lo vi en Nantes y nos disputamos ferozmente un ejemplar de Las aguas estrechas de Julien Gracq. Hay foto. Luego está mi maestro catalán, Enric Sullà, un gran estudioso del arte narrativo de quien aprendí mucho, por él descubrí la poesía de Carles Riba. Fue mi director de tesis doctoral y me invitó a dar clases de literatura en la Universidad Autónoma de Barcelona. De igual manera, Óscar Vilarroya, uno de los más destacados investigadores de neurociencias en España y que también escribe teatro y narrativa, de quien traduje al castellano uno de sus ensayos y es un gran amigo. Y hay muchos más amigos y amigas españoles, tendría que escribir un libro sobre todos ellos.

Por supuesto, también hay mucho que criticaría de España. El medio literario se ha frivolizado en gran parte, quizá por la banalización del mundo editorial global. En algunos editores, hay una soberbia inexplicable, cuando lo que hacen es replicar lo que descubren editores realmente arriesgados en Frankfurt, París, Bologna, Londres y Nueva York. Gran parte de la crítica literaria periodística está sometida a la industria editorial y a un endogámico espíritu de capilla y sus críticas no se diferencian de notas promocionales, con excepciones contadas como J. Ernesto Ayala-Dip y pocos más. Muchos escritores catalanes actuales, casi todos, me decepcionaron cuando se sometieron sin autocrítica al discurso nacionalista o se quedaron callados, y muchos siguen callados convenientemente. Luego de conocer el famoso seny, apenas llegué a Barcelona en 1998, me pasé años preguntándome dónde estaba su contraparta, la rauxa catalana. La respuesta llegó devastadora diez años después.

Aprecio y admiro a grandes poetas, narradores y ensayistas españoles. Son ineludibles Antonio Gamoneda, Leopoldo María Panero, Gimferrer, Gabriel Ferrater, Olvido García Valdés o Chantal Maillard. La prosa de las novelas y los ensayos de José María Ridao, desde Mar muerto a Radicales libres, Filosofía accidental o El vacío elocuente es deslumbrante, única, uno de los autores europeos de primera línea, en la línea de Semprún, Goytisolo, Vila-Matas, Marías o Cercas. Josep Pla es un maravilloso planeta aparte. Y ya hablé de mi devoción por la mayor prosista y pensadora española, María Zambrano. (De una larga entrevista para Cuadernos Hispanoamericanos)

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Vila-Matas dans ‘Livres Hebdo’

emprendes2008_article_030_01_012‘Cette brume insensée’, una de las novelas más complejas y esenciales de todas las que ha escrito.

Enrique Vila-Matas poursuit une œuvre dont la cohérence et la beauté ne se sont jamais démenties (…) Son nouveau roman est à la fois l’un des plus complexes, et des plus essentiels de tous ceux qui l’ont précédé”

Livres Hebdo

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Writers at Work The Paris Review Interviews.

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Pynchon à Barcelone. [Transfuge, Rentrée]

20200905_204514«Ludique et grave, Cette brume insensée est une nouvelle réussite.  Il y a un charme, au sens le plus ésotérique du terme, à l’oeuvre dans le dernier Vila-Matas. On y entre comme en terrain familier, mais on s’y égare comme dans un territoire inconnu.  (Damien Aubel, Pynchon á BarceloneTransfuge)

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ADAM THIRLWELL CON VILA-MATAS EN PARIS REVIEW, OTOÑO 2020

adam tSin permiso para publicar íntegra la larga entrevista, damos aquí el inicio, las primeras líneas del encuentro  de Adam Thirlwell con Vila-Matas en el jardín del hotel Alma, de Barcelona, con destino a The Paris Review. Otoño 2020. Recién publicada en Nueva York.

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Mathieu Lindon LEE (y nunca mejor dicho) CETTE BRUME INSENSÉE.

Enrique Vila-Matas et le «facteur fraternel»

Mathieu Lindon — Liberation

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 «Un portrait de l’artiste par son frère mal dégrossi.» C’est ainsi que le frère du personnage écrivain voyait son propre travail dans Distance, du Sud-Africain Ivan Vladislavić, dont on parlait ici la semaine dernière en évoquant déjà Enrique Vila-Matas et le nouveau roman de l’Espagnol né en 1948. Parce que, si le narrateur de Cette brume insensée est un simple «artiste citeur», un «traducteur préalable», c’est qu’il envoie en langage codé à sa façon des citations à son frère disparu de la circulation pour devenir «l’un des exemples les plus retentissants et réussis de la façon d’acquérir la célébrité en la fuyant». Ce frère est une star mystérieuse de la littérature sous le nom de Rainer Bros mais qui sait s’il ne fait pas partie aussi de l’écriture en bande organisée des romans de Thomas Pynchon? Car le narrateur a beaucoup d’imagination et peu de rapports avec son frère depuis des années, «nous nous sentions tous les deux aussi déconcertés l’un que l’autre face au facteur fraternel et ne savions pas comment gérer le simple fait d’être des frères». Sa distance au monde semble aussi une anomalie, tandis que la Catalogne, en toile de fond, déclare son indépendance à moins que ce ne soit qu’une fiction, puisqu’une femme assure que «j’avais une facilité cachée à me distancer des choses du monde, qu’elle n’avait jamais vu aucune personne dotée de cette capacité si évidente et si mal employée, […], peu importe qu’il s’agisse de la chute d’une feuille, de la nuit ou d’un empire, ma distanciation pouvait en arriver à être absolue».

Il veut y inscrire d’autres mais le narrateur aurait sa place «au Club des narrateurs non fiables, voire perturbés, en supposant l’existence d’un club de ce nom qui, dans ce cas-là, aurait été probablement fondé par Nabokov». Dans le même ordre d’idée, on apprendra que, remarqué chez Tiffany  & Co. à son arrivée à New York, le fameux frère «faillit gagner le prix Truman Capote pour le comportement le plus extravagant de l’année dans la bijouterie».

Un portrait de l’artiste, c’est toujours le sujet des romans d’Enrique Vila-Matas, l’artiste pouvant ne pas avoir d’œuvre et le portraitiste regorger d’art pour dégrossir plus ou moins ironiquement son sujet, le pousser au comble d’une sophistication qui ressemble à l’exactitude. Les «existences moindres» paraissent conforter le narrateur, par ailleurs «en quête de la phrase perdue», dans une vision paranoïaque d’une vie aussi indéfinissable qu’inaccessible. La situation politique, «embrouillée et labyrinthique» du fait de l’indépendance éventuelle de la Catalogne, s’est selon lui, dans chaque camp, «tellement enlisée dans la propagande et les mensonges qu’elle produisait les mêmes effets que la brume sur le fleuve : empêchant de voir ce qui était réel uniquement jusqu’au moment même où cette brume insensée se levait». Les trois mots qui donnent leur titre au roman viennent d’une phrase de Raymond Queneau placée en épigraphe : «Cette brume insensée où s’agitent des ombres, comment pourrais-je l’éclaircir ?» Son frère dit au narrateur s’être «égaré pendant ces derniers vingt ans dans le puits infect de la littérature contemporaine, car parler du monde de façon représentative avait à voir avec le texte journalistique ou sociologique et telle était la grande faiblesse de toute la littérature qui se faisait ces derniers temps», la littérature étant plus que les littérateurs le sujet de Cette brume insensée.

Toute la fin du roman est explicitement sous le signe de cette littérature et de ses manipulations, que ce soit l’écrivain qui manipule le narrateur ou l’auteur ses lecteurs. L’intertextualité serait une façon d’en finir avec le «fétichisme de l’originalité», si ce n’est qu’elle est employée avec inventivité. Rainer Bros, dans une vision à la Thomas Bernhard, «avait pensé qu’il admirait tous ceux qui avaient cédé au vertige de construire la grande maison (pour toujours») [Une maison pour toujours est le titre d’un des premiers livres d’Enrique Vila-Matas] de la fiction, ce que Michon appelle «le monstrueux édifice de la lettre», mais en réalité, ceux qu’il admirait vraiment, dit-il, étaient ceux qui dans cette maison avaient posé leur brique comme si c’était de la dynamite en se disant : cette fois, le cher bâtiment va enfin sauter dans les airs». Ecrire ou ne pas écrire, telle est la question, mais aussi lire ou ne pas lire. «Parce qu’il y avait chez tout lecteur, ajouta Rainer, une petite voix qui lui disait tout bas à propos de tout ce qu’il lisait, aussi extraordinaire que fût la lecture : Et alors ?» Tous les textes d’Enrique Vila-Matas tâchent de répondre à cette question.

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4 septembre 2020. Liberation.

 

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VISIBLE, INVISIBLE. [sur CETTE BRUME INSENSÉE]

Una obra en la que en cierta forma, casi borgesiana, la coherencia es belleza. De ahí a decir que escribe siempre el mismo libro sería caer en una solemne tontería. Es más bien una persecución de lo que se trata. Y de una maestría. (Olivier Mony, Le Magazine)

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Bernard Quiriny sur Cette brume insensée/ Le Magazine Littéraire/ Sept 2020.

Brume_BQuiriny_2020Vila-Matas seduce, a pesar de sus referencias eruditas, a un vasto público, especialmente al de América Latina y al de Francia, donde recibió el prix Medicis Étranger y la Legión de Honor. Aunque siempre lúdico, este elitismo explica también por qué los book-makers anglosajones, aun citándolo regularmente entre los candidatos al Nobel, no hayan creido verdaderamente en sus posibilidades tanto como en las de Joyce Carol Oates o Murakami. Uno se deleita, sin embargo, imaginando qué patraña o juego inventaría como discurso, en la línea de Dylan del que es fan (uno de sus libros se titula Aire de Dylan); a menos que el Nobel le lleve a querer borrase para siempre, siguiendo su antigua fantasía de desaparición voluntaria.

Artisan du Faux-Semblant / Bernard Quiriny sur Cette brume insensée/ Le Magazine Littéraire/ Sept 2020.

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Introducción de Adam Thirlwell a la entrevista con Vila-Matas en The París Review.

Barbería de Manhattan (foto de Vila-Matas

Barbería de Manhattan (foto de Vila-Matas)

He   writing   of   Enrique   Vila-Matas   is   marked  by  a  dazzling  array  of  quota-tion, plagiarism, frames, self-plagiarism, digressions  and  meta-digressions:  an  intense  and  witty textual delirium that has made him one of the most original and celebrated writers in the Spanish language. Born in Barcelona in 1948, he published his   first   novel—a   single,   sternly   uninterrupted   sentence—in  1973.  Continuing  his  fidelity  to  the  myth  of  the  avant-garde  writer,  he  then  moved  to  Paris,  living  in  a  garret  rented  from  Marguerite  Duras,  before  returning  to  Barcelona,  where  he  spent  the  next  decade  publishing  novels,  a  story  collection, and literary essays. It  was  with  his  sixth  book,  however,  A  Brief  History   of   Portable   Literature   (1985,   translation   2015).  The book poses as a history of a secret society of twentieth-century artists and writers, including Duchamp, Walter Benjamin, Kafka, and others. Its reckless linking of real names to imaginary quotations and vice versa, its mingling  of  fiction  with  history,  made  him  notorious—and  represented  a  new moment in European fiction. Reality can only be apprehended through a comical, dazzling network of texts—that was the book’s basic proposition, and  its  implications  and  complications  are  what  Vila-Matas  has  continued  to explore in wildly deconstructive novels like Bartleby & Co. (2000, 2007), Montano’s Malady (2002, 2007), and Never Any End to Paris (2003, 2011), as well as in critical fictions that include Chet Baker piensa en su arte (Chet Baker thinks about his art) (2011), The Illogic of Kassel (2014, 2015), and Marienbad électrique (Electric Marienbad) (2015). Vila-Matas has won many grand awards (the Premio Rómulo Gallegos, the  Premio  Herralde,  the  Premio  Leteo,  the  Prix  Médicis,  the Premio Formentor, The Premio de la Fil de Guadalajara among  others),  but in person he is modest and generous, always solicitous toward younger generations  —I  first  met  him  a  few  years  ago  through  our  mutual  friends  Alejandro  Zambra  and  Valeria  Luiselli.  He  dresses  with  elegant  reserve,  a  disguise  for  a  mischievous,  fantastical  soul.  We  conducted  this  interview  over two prolonged sessions in Barcelona last summer and fall, speaking in a  mixture  of  French  and  Spanish  while  his  agent,  Mònica  Martín,  offered  interpretive aid and sometimes joined in the conversation. This polyglot mix-ture  was  transcribed,  edited,  then  retranslated  into  Spanish  and  rewritten  by  Vila-Matas  before  being  definitively  translated  into  English.  Its  multi-lingual,  multilayered  history  seems  an  accurate  analogue  to  Vila-Matas’s  polymorphous style.  According to the terms of Vila-Matas’s thinking, the real can only fully acquire a luminous existence when inserted into a prior network of words— even, for instance, a conversation. Both sessions of our interview took place in the gardens of the Hotel Alma in Barcelona. Vila-Matas chose the location partly for its peacefulness—but really, he observed, because it was where he set  the  final  exchanges  of  his  most  recent  novel,  Esta  bruma  insensata  (This  senseless haze) (2019). The two conversations, one fictional, one real, could therefore gradually infiltrate each other—this was his hope—and reach their own separate level of truth.  After our final session, before we headed off for coffee at the Europa Café on  Diagonal,  Vila-Matas  invited  me  over  to  his  apartment  and  showed  me  his small writing room, the bookshelves of which were filled with works by his  beloved  authors—Beckett,  Kafka,  Tabucchi,  Duras,  Joyce,  Walser,  and  friends like Rodrigo Fresán and Roberto Bolaño. That space, I began to think, was  the  visual  form  of  Vila-Matas’s  literary  philosophy—fragile,  futuristic,  and  infinitely  valuable:  an  idea  of  writing  as  a  singular,  patient  process  that  can absorb and create the hyper world outside it.

Adam Thirlwell

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TAN EXALTADOS [Café Perec del 1 SEPT 2020]

SPAIN“Una buena parte de la literatura que me ha gustado no ha tenido nada que ver con la que narra historias al estilo hollywoodiense y sí, en cambio, con la que inventa, por ejemplo, mundos que arrancan de lo biográfico o lo ensayístico –lo prosaico en el sentido cotidiano de la palabra– para pasar al reino de lo imaginativo.”

(de TAN EXALTADOS, café Perec del 1 Sept 2020)

 

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Alexandre Fillon sitúa en LES ECHOS a ESTA BRUMA INSENSATA, de Vila-Matas entre los 15 libros de la Rentréé en Francia.

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Cette brume insensée », Enrique Vila-Matas : vive l’écriture !

« Traducteur préalable », le métier n’est pas banal ! Simon Schneider, le narrateur du nouveau roman d’Enrique Vila-Matas a longtemps eu du mal à dépasser les premières phrases des livres qu’il lisait. Avec le temps, à Cadaqués, il est devenu « fournisseur de citations littéraires » pour le compte de son frère qu’il ne voit jamais, l’invisible Rainer. Lequel a signé du pseudonyme de Rainer Bros cinq romans courts, publiés à New York, qui l’ont rendu culte. Farfelu et inclassable comme toute la bibliographie de l’auteur du Mal de Montano (prix Médicis étranger 2003), Cette brume insensée est un fier hommage aux écrivains, à la littérature et à ses immenses pouvoirs magnétiques.

Traduit de l’espagnol par André Gabastou, Actes Sud, 246 pages, 21 euros.

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Vila-Matas, ecrivain sans frontières, par Fabienne Dumontet (Le Monde)

 

2-Stockholm_800x600Catalán, espagnol,.. Sans doute, mais plus encore européen, à travers son admiration pour Perec, Joyce, Pessoa, Joseph Roth …

Une grande part de l’oeuvre d’Enrique Vila-Matas est ancrée dans une géographie espagnole très resserrée, un périmètre barcelonais défini par quelques traits du quartier de Gracia, où l’écrivain a passé la majeure partie de sa vie : le passage Sant Joan, la place Rovira, la rue Rosellon…

Il partage certains de ces lieux, dans l’histoire de la littérature espagnole contemporaine, avec le grand romancier Juan Marsé, son aîné de quinze ans et voisin, qui a, avant lui, rendu le quartier célèbre dans ses fictions. De cet intimidant voisinage avec un auteur qu’il admire sans adopter pour autant son esthétique, Vila-Matas s’amuse dans son roman Dublinesca (Bourgois, 2010) où son personnage, Samuel Riba, croise Juan Marsé et lui jette, troublé par les théories françaises et américaines en vogue : «C’est vrai que l’auteur est mort ?»

Autant dire qu’il vaut mieux ne pas limiter l’oeuvre de Vila-Matas à un dialogue avec ses compatriotes ni à cet étroit périmètre hispanique. Car, même s’il fait grand cas de certains auteurs espagnols, qui figurent en bonne place dans sa bibliothèque – Ramon del Valle-Inclan, Pio Baroja, Ramon Gomez de la Serna ou Salvador Dali, par exemple – et parmi ses amis – comme José Carlos Llop ou Ignacio Martinez de Pison -, sa littérature s’échappe de ce territoire et les affinités de ce grand lecteur vont bien au-delà du cercle national.

Vers la France, d’abord, où il vécut deux années de jeunesse, dans une chambre de bonne louée à Marguerite Duras, anecdote centrale de son roman Paris ne finit jamais (Bourgois, 2004). Vila-Matas connaît sur le bout des doigts la culture francophone. Georges Perec, Raymond Queneau, André Breton, Marcel Duchamp ou Sophie Calle, mais aussi Valéry Larbaud, Julien Gracq ou Georges Simenon, ont droit à nombre d’hommages dans ses livres, et il leur abandonne avec joie son terrain de jeu catalan. Un exemple parmi cent : «sa» place Rovira, vue à travers des yeux peréquiens dans deux chroniques urbaines du recueil Mastroianni-sur-Mer (Passage du Nord-Ouest, 2005). Il y parodie le célèbre texte descriptif de Georges Perec sur la place Saint-Sulpice, «Tentative d’épuisement d’un lieu parisien».

Mais Vila-Matas, qui pourfend l’illusion de toute «identité unique et compacte» de soi, ne se prive pas non plus de brocarder le démon de la théorie français, amoureux de la synthèse, et revendique une filiation littéraire plus ramifiée encore pour son oeuvre. Car s’il fallait lui trouver une unité, elle serait justement dans la perte de celle-ci. Il faudrait la lier au «coup de sifflet» vers la dispersion de soi que lança le Portugais Fernando Pessoa, avec sa pratique des noms d’emprunt. Ou encore au deuil que fit l’Autrichien Robert Musil d’une restitution pleine et limpide du réel par le récit, en ce même début du XXe siècle. Peut-être doit-on encore remonter à un Montaigne perplexe, bataillant avec les multiples images de lui-même, si l’on en croit le très beau Journal volubile (Bourgois, 2009) dans lequel Vila-Matas médite sur la biographie que Stefan Zweig a consacrée à l’auteur des Essais. Mais à côté de ces écrivains de la Mitteleuropa que sont Musil, Zweig, Josep Roth, Kafka, Sebald ou le Polonais Witold Gombrowicz, Vila-Matas, membre de la société littéraire des «Finnegans» (apparue dans Dublinesca et dont on trouve des échos dans Chet Baker pense à son art) et à l’origine de la confrérie des «shandys» amoureux de poésie dangereuse (dans son Abrégé de littérature portative, un de ses premiers succès), doit aussi beaucoup à l’héritage européen anglophone, celui des Irlandais James Joyce, auteur de Finnegans Wake, ou Laurence Sterne, créateur de Tristram Shandy. C’est là qu’il trouve de «nouvelles formes insolites», capables de recréer, autour de ce «féroce «je» européen» qu’il évoque dans Dublinesca, de nouvelles communautés fondées sur des affinités littéraires. Quitte à ce que le continent américain, un autre de ses pôles d’inspiration, lui en renvoie l’héritage par de nouveaux biais, comme Herman Melville, inspirateur de son Bartleby et compagnie (Bourgois, 2002), ou bien ses pairs d’Amérique latine – le Guatémaltèque Augusto Monterroso, le Chilien Roberto Bolaño, le Mexicain Sergio Pitol, et bien sûr feu Borges, entre autres.

Rien ne résume mieux la complexe identité européenne de Vila-Matas qu’une anecdote rapportée dans son Journal volubile. L’écrivain Claudio Magris, grand penseur des cultures et de l’humanisme européens, devait poser pour des photographes à Madrid. Il le fit, avec, sur le dos, le pardessus de Vila-Matas qu’il avait emprunté par mégarde. Depuis, l’écrivain espagnol, ému de ce hasard, va portant son manteau et disant : «Je m’appelle Magris, comme tout le monde.»

Fabienne Dumontet

 

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Frère de glace, de Alicia Kopf/ UNA CONTRIBUCIÓN AL CALENTAMIENTO LITERARIO GLOBAL.

Por fin este blog ha logrado tener acceso a la reseña del libro de Alicia Kopf el año pasado en Le Monde.

A young girl from the village of Chaung Lin runs next to wet books drying, to receive food thrown from a boat on May 23, 2008 in the isolated area of Kanzeik in the Irrawaddy Delta region -- an area only accessible by boat which has received neither government nor foreign aid. Voters in regions devastated by the cyclone, many hungry and destitute, cast ballots on May 24 in a referendum that many said was meaningless because Myanmar's junta has already declared victory. AFP PHOTO/LISANDRU (Photo credit should read LISANDRU/AFP/Getty Images)

« Frère de glace » (Germà de gel), d’Alicia Kopf, traduit du catalan par Marie Vila Casas, Robert Laffont, « Pavillons », 288 p., 20 €.

Le climat de Barcelone se prête assez peu à l’observation des icebergs. C’est pourtant là, sur les rivages méditerranéens où elle ­habite, que l’artiste et écrivaine Alicia Kopf a eu l’idée de son ­premier roman : Frère de glace, un objet littéraire hybride qui traduit sa fascination pour les contrées les plus froides du globe et notamment pour la conquête des pôles au tournant du ­XXe siècle.

« J’avais une vingtaine d’années pendant la crise économique qui a touché l’Espagne [2008-2013]. J’éprouvais les difficultés que rencontre toute personne qui, à la fin de ses études, essaie d’entrer dans le monde. J’ai alors ressenti le ­besoin de bâtir un récit épique. Un récit qui me permette de résister à cette situation marquée par la congélation de l’économie et des opportunités professionnelles », retrace, de passage à Paris, Alicia Kopf, née Imma Ávalos, à Gérone, en 1982.

Diplômée des beaux-arts de l’université de Barcelone, ainsi qu’en théorie littéraire et en littérature comparée, la jeune femme s’était d’abord lancée dans un doctorat sur l’imaginaire visuel de la conquête des pôles, la preuve par l’image étant indis­sociable de ces exploits. Au milieu de son cursus, le manque de débouchés professionnels ­évidents la convainc d’orienter ses recherches vers des fins purement artistiques, tout en gardant un travail « alimentaire ».

Elle élabore donc un projet en deux volets : d’abord une série d’expositions (« Articantartic ») abordant l’aspect iconogra­phique et plastique de son sujet, avec une réflexion, souvent ironique, sur l’idée de conquête – celle des pôles n’ayant alors aucune autre justification que l’exploit individuel – et un livre, qui en serait le prolongement plus personnel.

Après avoir découvert le journal d’Ernest Shackleton (1874-1922), cet explorateur anglo-irlandais qui, en tentant la traversée de ­l’Antarctique en 1914, vit son ­navire et son équipage faits ­prisonniers des icebergs, elle a l’idée de transposer cette épopée au contexte familial : « Que se passe-t-il quand on se confronte aux glaces familiales, à ces zones de congélation qui se sont installées entre les membres d’une même ­famille à problèmes ? J’ai voulu ­déplacer le récit d’une épopée masculine vers le domaine du foyer. » Son univers proche, ou du moins celui de sa narratrice, est tout aussi ardu que celui des déserts arctiques : un frère atteint d’une forme sévère d’autisme, des ­parents séparés depuis plus de vingt ans, une mère, « conquérante polaire », tirant seule « [s]on frère dans un traîneau », et elle-même, se débattant avec les ­obligations matérielles de l’âge adulte.

Construit en fragments, son ­récit, qui mêle essai, textes d’autofiction et journal, repose sur des juxtapositions d’images – celles de l’intime et celles des aventures arctiques – qui font ­ressortir les contrastes entre les deux situations, « l’une éclairant l’autre ». La narratrice y expose ainsi, à la lumière des expéditions de Robert Peary (1856-1920), de Frederick Cook (1865-1940), ou de Roald Amundsen (1872-1928), la façon dont elle tente de surmonter ses relations avec chacun de ses parents, et de s’extraire des impasses de sa vie amoureuse et professionnelle. C’est toute une « quête d’identité » élaborée autour de la ­présence du frère handicapé que nourrit cette construction comme un montage de cinéma, soigneusement pensée, où cohabitent texte et images (dessins, photos, séquences de film). « Le récit avance grâce aux petites ­découvertes de la narratrice. »

Dans ce livre en train de se faire, elle a choisi d’alterner les trouvailles encyclopédiques, le rapport de ses visites chez un psychologue, qui l’éclairent sur ses difficultés à trouver sa place dans sa famille, et le récit de ses escapades à l’étranger, où elle fait face à sa propre solitude. Son dernier voyage, effectué en Islande pour les besoins du livre, lui permet de se confronter physiquement et pour la première fois à l’expérience de la « vraie glace ». « L’idée était de s’approcher de l’inconnu, dans la mesure où l’on découvre quelque chose de soi-même dans un territoire qui ne nous est pas ­familier. »

Parmi tous les pays de la région arctique, le choix de l’Islande tient à la présence du volcan ­Snæfellsjökull où Jules Verne a ­situé le Voyage au centre de la Terre (1864). Alicia Kopf souligne le lien entre les personnages du romancier, éjectés d’un cratère et échoués sur les flancs du volcan de Stromboli, et les dernières images du film de Rossellini, Stromboli (1950), qui montrent Karen, l’héroïne incarnée par ­Ingrid Bergman, embourbée dans les cendres du même ­volcan. Elle propose « un chemin inverse de celui de la protagoniste du film, une réparation historique : du Stromboli des années 1950, où une femme est bloquée (…), à l’Islande contemporaine, où une jeune femme peut faire de l’auto-stop librement ». Autrement dit, la possibilité d’une émancipation salutaire.

Publié à la suite d’un concours littéraire réservé aux moins de 35 ans, Frère de glace a rencontré un succès inattendu en Espagne. Enrique Vila-Matas lui-même, qu’Alicia Kopf tient pour un de ses auteurs de chevet, a notamment estimé que « dans un autre pays, ce livre aurait changé jusqu’au cours de l’histoire ». Au vu de son accueil, il aura au moins contribué, pour le mieux, au ­réchauffement littéraire mondial.

L’histoire de la conquête des ­zones polaires,au tournant du XIXe siècle, offre à Alicia Kopf, dans son premier roman, une métaphore des plus originales pour évoquer ses propres luttes avec les situations de froid dans lesquelles elle tente de se mouvoir. Qu’il s’agisse de son frère, « un homme pris dans la glace » car atteint d’autisme, de ses relations complexes avec sa famille, ou de sa précarité professionnelle et sentimentale, tout concorde à faire de sa jeune vie d’adulte une banquise où elle s’enlise. Riche de documents ­historiques et de notes de recherche donnant à voir le livre en cours d’élaboration, cet objet littéraire mêlant ­essai et autofiction fascine par ce qu’il met en parallèle. D’un côté les exploits géographiques des aventuriers d’hier, de l’autre la grande aventure, semée d’obstacles douloureux, que constitue la quête de soi : « une nouvelle épopée, sans concurrents et sans ennemis ; l’épopée de soi-même ».

D’une écriture à la fois précise et ­mélancolique, Alicia Kopf fendille ­joliment, à coups de pages de journaux intimes et de micro­récits sur son entourage familial et sentimental, la glace que sa narratrice a créée autour d’elle, carapace fragile à l’assaut d’un monde hostile, sans prise. A mesure que l’histoire progresse avec précaution vers la libération des carcans qui la paralysent, ce texte multifacette, comme un flocon de neige, dévoile surtout la possibilité de surmonter par la littérature ses vortex intérieurs.

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La crítica francesa se vuelca en grandes elogios para ‘Cette brume insensée’, de Vila-Matas

20200712_222428-1Dédoublement de la disparition, apocalypse de l’intertextualité. Avec son habituel et extraordinaire talent, Enrique Vila-Matas poursuit son interrogation sur ce qu’est être un auteur.

Duplicación de la desaparición

 

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La necesidad de traducir(nos) por Marta Rebón.

e948950c399fd3d8165ab8ed488b4226Leo en un artículo de La Repubblica que, según un estudio de Oxford, el 45% de los ingleses cree que el coronavirus es un arma biológica elaborada en China para destruir Occidente. En periodos de crisis —no es novedad— suelen surgir ideas conspirativas basadas en el repudio a lo extranjero.

Si algo he entendido al estudiar idiomas es que las identidades y los conceptos no son monolíticos, sino mutables. Lo que en una lengua parece una verdad indiscutible en otra requiere matizaciones. Al cambiar de código lingüístico nos bañamos en las aguas de otro río. Y eso inocula un sano escepticismo consustancial a la razón plurilingüe. Exponerse a un idioma distinto al propio —antídoto contra la banalidad de la simplificación— es un recordatorio de que el tuyo no es sino uno más entre muchos. El miope “yo” monolingüe ensancha así sus miras hacia un “nosotros” más complejo. Paul Auster admitió, sobre una antología de poesía francesa que editó en 1984, que traducir supuso para él “el primer paso para liberarme de los grilletes de mí mismo, de doblegar mi ignorancia”. En el esfuerzo por comprender otra cultura, se obra un cambio interior que representa un acto de resistencia contra el pensamiento único. Es una quimera concebir una lengua autosuficiente, capaz de plasmar por sí sola todos los matices de una realidad en perpetuo cambio. Lo mismo sucede con cualquier postura intelectual o política. Dice el pensador camerunés Achille Mbembe que es esencial formular un contraimaginario que se oponga a esa demente fantasía de una sociedad sin extranjeros. El elemento “foráneo” no debería quedar reducido a una nota exótica, sino ser visto como un medidor de salud democrática. Basta recordar que, en diferentes momentos de la historia, las mayores explosiones artísticas han coincidido con olas de emigrados que promovieron ricos intercambios en ciudades como París, Berlín o Nueva York. Que fue mano de obra extranjera la que ayudó a levantarlas y convertirlas en capitales del mundo.

Las épocas lúgubres coinciden con la censura de obras extranjeras. En busca del tiempo perdido se tradujo al chino íntegramente por primera vez hace tres décadas con un título de eco fluvial. “Perdido” se transformó en “como agua”, lo cual creó nuevas evocaciones: la definición confuciana del “tiempo” como “agua” o la asociación taoísta entre “agua” y “virtud”. El progreso de la literatura no se entiende sin esta lógica de vasos comunicantes. Fijémonos en la lengua literaria rusa: maduró con traducciones del francés y el alemán. Luego el ruso devolvió el favor cuando se pasaron a otras lenguas obras de Tolstoi, Dostoievski o Chejov. Gracias a ellos, los modernistas británicos descubrieron una nueva forma de plasmar la psique. Virginia Woolf se animó a aprender ruso y a firmar traducciones junto con un emigrado ucraniano. En época soviética, cuando Hemingway o Faulkner se tradujeron a la lengua de Pushkin, revolucionaron la generación de escritores de los años sesenta, etcétera. Viajes de ida y vuelta en el tiempo y el espacio que expanden los horizontes mentales de los territorios.

La lengua de Europa es la traducción, decía Eco. Una manera concisa de expresar que hay multitud de idiomas y que, cuando se traducen entre sí, se crea un diálogo enriquecedor basado en la hospitalidad. En un mundo cada vez más distraído, traducir exige una escucha atenta. O, por lo menos, intentarlo. Hoy, cuando es normal silenciar la opinión contraria con un clic, dar espacio para incorporar la alteridad significa ir a contracorriente.

Las lenguas se tutean con menos complejos que sus respectivos hablantes. Es la naturaleza viva de los idiomas: desoír imposiciones, cruzar fronteras, contaminarse. Y la traducción, como privilegiado puente de enlace, es una lección de convivencia. “Dos culturas, dos lenguas, dos países se traducen —se integran, discrepan, se mezclan— en esa traducción ideal permanente, que constituye la realidad de su relación”, afirma Claudio Magris. Hace poco la consellera de Cultura de la Generalitat declaró que en el Parlament se habla demasiado castellano. El diablo está en los detalles, y ese “demasiado” suyo me sorprendió, a 2.300 kilómetros de distancia, leyendo un pasaje de Leo Spitzer. Filólogo como la consellera, en 1933 tuvo que emigrar de Colonia, donde perdió su plaza de profesor universitario. Exiliado en Estambul, escribió sobre la desterritorialización de las lenguas: “Cualquier idioma es humano antes que nacional: las lenguas turca, francesa y alemana pertenecen primero a la humanidad y, luego, a los turcos, a los franceses y a los alemanes”. Demostrar estima por todas las lenguas sin excepción es algo que se espera primero de un filólogo y luego de un alto cargo de cultura. Se debería practicar siempre, también en el resto de España.

[Publicado en El País, finales de julio 2020]

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EL PRESENTE ERA ESTO [Café Perec]

Screen Shot 2019-08-22 at 9.57.53 a.m.Es cómica la cantidad de autores que últimamente aseguran haber advertido el “asombroso parecido” entre lo que sucede en esta época de pandemia y los que ellos relataron en algunas de sus novelas. Y es cómica porque hasta parece mentira que les sorprenda esto cuando la atmósfera paralizante y mortal que ha ido creando el virus lleva ya en realidad años arraigada entre nosotros. De hecho, si nos molestáramos en mirarlo todo mejor, veríamos que vienen los libros recogiendo esa atmósfera desde tiempo inmemorial. Para comprobarlo basta con que abramos cualquier ejemplar de nuestra biblioteca portátil (la que siempre está preparada para salir de viaje) y ahí enseguida encontraremos descrito ese fallo en el sistema del que ha nacido la pandemia. Ese fallo se llama La avería en el libro del mismo título de Friedrich Dürrenmatt que ha publicado Periférica: una breve pieza magistral del autor suizo, donde se nos describe un mundo que trastoca el concepto de mal por el de avería. Pero es que también a la más famosa de las averías (la muerte) la encontramos en el libro vecino al de Dürrenmatt, la encontramos en Ese mundo desaparecido, de Dennis Lehane (en Salamandra), donde ayer mismo leí estas líneas: “El presente era esto y la muerte se le acababa de plantar más cerca que nunca; se le había sentado en el hombro y le estaba acariciando el cabello con los dedos”.

El presente era esto. Lo subrayé. No había frase que mejor resumiera la imagen pandémica por excelencia: esa sensación ininterrumpida de tiempo suspendido, paralizado, que, al carecer de un futuro visible, permite que acabemos viviendo –entre proyectos cancelados y recuerdos de otras tardes– en el presente del pasado, revisando en un inagotable y absurdo bucle lo que hicimos y leímos. Esa es la profunda gris atmósfera en la que nos hallamos sumidos. Y pensar que, hasta no hace tanto, simplemente salir en automóvil por ejemplo nos creaba la impresión de libertad, de avanzar hacia adelante. Aunque, ¿hacia dónde creíamos avanzar? ¿Acaso no nos lo había advertido ya F.Scott Fitzgerald al final de El gran Gatsby cuando dijo que solemos ir adelante, botes que reman contra la corriente, incesantemente arrastrados hacia el pasado?

Pero es quizás Los anillos de Saturno el libro que cuenta más directamente lo que sucede ahora mismo en este presente confuso y desgraciado en el que nos hallamos. En él, un tal Sebald acaba hospitalizado en estado cataléptico, con una sensación de enajenación total relacionada con las alucinaciones propias de encontrarse en un lugar elevado, mirando al mundo desde arriba. “Si nos observamos desde una gran altura es espantoso darnos cuenta de lo poco que sabemos sobre nuestra especie, nuestro propósito y nuestro fin”, escribe el tal Sebald, consciente de nuestra insignificancia y del clima de parábola agotada que nos envuelve a todos, del clima de  parábola ya recorrida, que por si fuera poco incluye dentro de ella el detalle más terrorífico: la ausencia de una auténtica conciencia planetaria de la humanidad.

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AQUÍ ESTAMOS EN CONTRA DE TODO

Diagonal de Barcelona, 2014. Vila-Matas y Juan Marsé.A veces, narrando, tanto como aconsejando, podía ser fulgurante, tajante. En el apartado de los consejos recuerdo el que me dio hace ya muchos años cuando me encargaron un artículo sobre sus orígenes como narrador y, como fuera que éramos vecinos del barrio, se lo comenté poco después en plena calle del Torrente de las Flores. Me miró, sonrió y me recomendó que primordialmente me divirtiera. No añadió más, pero fue suficiente, comprendí enseguida.

Un mediodía, acudió un pintor catalán que triunfaba en Nueva York a la tertulia que hasta hace poco tuvimos todos los domingos a la hora del aperitivo en un bar de Diagonal / Tuset y se puso a preguntarnos cómo seguía la vida en la ciudad y que opinábamos de la alcaldesa, por ejemplo. No sabía qué contestarle cuando Marsé se adelantó y le dijo tajante, con divertida contundencia:

-Aquí estamos en contra de todo.

No añadió más, y ni falta qué hizo. A veces Marsé me recordaba a Gatsby: había algo brillante en torno a él, una exquisita sensibilidad para captar las promesas de la vida, como si estuviera vinculado a una de esas complicadas máquinas que registran los terremotos a mil millas de distancia. Y no era que tuviera “temperamento creador”, ni ninguna de esas cursiladas, sino que tenía un don extraordinario para observar de cerca hasta el más mínimo detalle de la persona que tenía frente a él o a su lado y, según como la viera, decidir en décimas de segundos en qué lado de sus simpatías o antipatías la situaba, dónde pues colocaba a aquellos a los que no podía soportar ni en pintura.

Por tranquilo y quieto que pareciera, era rápido como una centella. Quizás por eso era tan tajante, y también quizás por eso era un hombre de una pieza, y lo que le devoraba era el turbio polvo flotando en la estela de sus sueños. Sobre ellos, sobre los sueños, había montado una obra entera, de hombre entero, habitante de un barrio mental muy amplio, mundial, y no el que las almas muertas adjudican al territorio barcelonés donde pasó su infancia. Porque ese barrio de sus novelas, que mezcla las antiguas barriadas de La Salut y del Carmel, las del Guinardó y Gracia, es atravesado por la fría luz de Shanghái, que en los últimos tiempos le llevó –mezclándose con la cuestión  obsesiva de la identidad y el apogeo de la misma en un sector de la sociedad catalana–  al descubrimiento de sus ancestros chinos, concretamente malayos –antepasados en Sumatra–, lo que cambió alguna de sus costumbres más autóctonas, y no así, en cambio, sus convicciones, porque siguió aplaudiendo a los que apuestan por el chirriante estupor que produce la realidad y se decantan por un incondicional respeto a la ficción.

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Lima, la sin lágrimas (C.A. Molina) /// Lima personal (Ruiz Ortega)

lima-la-sin-lagrimas«Me encanta también hacerme amigo del crítico literario y joven escritor Gabriel Ruiz Ortega que parece, y es cierto, haberlo leído todo y aún sobrarle tiempo. Sus juicios son atinadísimos y muy equilibrados. Es irónico, divertido y optimista. La demostración de que la literatura no hace gente adusta, sino reconciliada consigo misma; esperanza de que en el futuro aún haya así, gente como nosotros, a pesar de los videojuegos y otros instrumentos de tortura mental»

(César Antonio Molina, Lima, la sin lágrimas)

En la web de V-M:

LIMA PERSONAL, por Gabriel Ruiz Ortega.

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  LIMA PERSONAL

Como ciudad desbordante (con 9 millones 320 mil habitantes / sin contar la presencia de hermanos venezolanos que deben rondar el millón), esta tiene sus pequeños circuitos, sus espacios con los que cada quien puede sentirse identificado, ya sea por elección o porque no le quedó de otra alternativa.

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