Vila-Matas, ecrivain sans frontières, par Fabienne Dumontet (Le Monde)

 

2-Stockholm_800x600Catalán, espagnol,.. Sans doute, mais plus encore européen, à travers son admiration pour Perec, Joyce, Pessoa, Joseph Roth …

Une grande part de l’oeuvre d’Enrique Vila-Matas est ancrée dans une géographie espagnole très resserrée, un périmètre barcelonais défini par quelques traits du quartier de Gracia, où l’écrivain a passé la majeure partie de sa vie : le passage Sant Joan, la place Rovira, la rue Rosellon…

Il partage certains de ces lieux, dans l’histoire de la littérature espagnole contemporaine, avec le grand romancier Juan Marsé, son aîné de quinze ans et voisin, qui a, avant lui, rendu le quartier célèbre dans ses fictions. De cet intimidant voisinage avec un auteur qu’il admire sans adopter pour autant son esthétique, Vila-Matas s’amuse dans son roman Dublinesca (Bourgois, 2010) où son personnage, Samuel Riba, croise Juan Marsé et lui jette, troublé par les théories françaises et américaines en vogue : «C’est vrai que l’auteur est mort ?»

Autant dire qu’il vaut mieux ne pas limiter l’oeuvre de Vila-Matas à un dialogue avec ses compatriotes ni à cet étroit périmètre hispanique. Car, même s’il fait grand cas de certains auteurs espagnols, qui figurent en bonne place dans sa bibliothèque – Ramon del Valle-Inclan, Pio Baroja, Ramon Gomez de la Serna ou Salvador Dali, par exemple – et parmi ses amis – comme José Carlos Llop ou Ignacio Martinez de Pison -, sa littérature s’échappe de ce territoire et les affinités de ce grand lecteur vont bien au-delà du cercle national.

Vers la France, d’abord, où il vécut deux années de jeunesse, dans une chambre de bonne louée à Marguerite Duras, anecdote centrale de son roman Paris ne finit jamais (Bourgois, 2004). Vila-Matas connaît sur le bout des doigts la culture francophone. Georges Perec, Raymond Queneau, André Breton, Marcel Duchamp ou Sophie Calle, mais aussi Valéry Larbaud, Julien Gracq ou Georges Simenon, ont droit à nombre d’hommages dans ses livres, et il leur abandonne avec joie son terrain de jeu catalan. Un exemple parmi cent : «sa» place Rovira, vue à travers des yeux peréquiens dans deux chroniques urbaines du recueil Mastroianni-sur-Mer (Passage du Nord-Ouest, 2005). Il y parodie le célèbre texte descriptif de Georges Perec sur la place Saint-Sulpice, «Tentative d’épuisement d’un lieu parisien».

Mais Vila-Matas, qui pourfend l’illusion de toute «identité unique et compacte» de soi, ne se prive pas non plus de brocarder le démon de la théorie français, amoureux de la synthèse, et revendique une filiation littéraire plus ramifiée encore pour son oeuvre. Car s’il fallait lui trouver une unité, elle serait justement dans la perte de celle-ci. Il faudrait la lier au «coup de sifflet» vers la dispersion de soi que lança le Portugais Fernando Pessoa, avec sa pratique des noms d’emprunt. Ou encore au deuil que fit l’Autrichien Robert Musil d’une restitution pleine et limpide du réel par le récit, en ce même début du XXe siècle. Peut-être doit-on encore remonter à un Montaigne perplexe, bataillant avec les multiples images de lui-même, si l’on en croit le très beau Journal volubile (Bourgois, 2009) dans lequel Vila-Matas médite sur la biographie que Stefan Zweig a consacrée à l’auteur des Essais. Mais à côté de ces écrivains de la Mitteleuropa que sont Musil, Zweig, Josep Roth, Kafka, Sebald ou le Polonais Witold Gombrowicz, Vila-Matas, membre de la société littéraire des «Finnegans» (apparue dans Dublinesca et dont on trouve des échos dans Chet Baker pense à son art) et à l’origine de la confrérie des «shandys» amoureux de poésie dangereuse (dans son Abrégé de littérature portative, un de ses premiers succès), doit aussi beaucoup à l’héritage européen anglophone, celui des Irlandais James Joyce, auteur de Finnegans Wake, ou Laurence Sterne, créateur de Tristram Shandy. C’est là qu’il trouve de «nouvelles formes insolites», capables de recréer, autour de ce «féroce «je» européen» qu’il évoque dans Dublinesca, de nouvelles communautés fondées sur des affinités littéraires. Quitte à ce que le continent américain, un autre de ses pôles d’inspiration, lui en renvoie l’héritage par de nouveaux biais, comme Herman Melville, inspirateur de son Bartleby et compagnie (Bourgois, 2002), ou bien ses pairs d’Amérique latine – le Guatémaltèque Augusto Monterroso, le Chilien Roberto Bolaño, le Mexicain Sergio Pitol, et bien sûr feu Borges, entre autres.

Rien ne résume mieux la complexe identité européenne de Vila-Matas qu’une anecdote rapportée dans son Journal volubile. L’écrivain Claudio Magris, grand penseur des cultures et de l’humanisme européens, devait poser pour des photographes à Madrid. Il le fit, avec, sur le dos, le pardessus de Vila-Matas qu’il avait emprunté par mégarde. Depuis, l’écrivain espagnol, ému de ce hasard, va portant son manteau et disant : «Je m’appelle Magris, comme tout le monde.»

Fabienne Dumontet

 

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Frère de glace, de Alicia Kopf/ UNA CONTRIBUCIÓN AL CALENTAMIENTO LITERARIO GLOBAL.

Por fin este blog ha logrado tener acceso a la reseña del libro de Alicia Kopf el año pasado en Le Monde.

A young girl from the village of Chaung Lin runs next to wet books drying, to receive food thrown from a boat on May 23, 2008 in the isolated area of Kanzeik in the Irrawaddy Delta region -- an area only accessible by boat which has received neither government nor foreign aid. Voters in regions devastated by the cyclone, many hungry and destitute, cast ballots on May 24 in a referendum that many said was meaningless because Myanmar's junta has already declared victory. AFP PHOTO/LISANDRU (Photo credit should read LISANDRU/AFP/Getty Images)

« Frère de glace » (Germà de gel), d’Alicia Kopf, traduit du catalan par Marie Vila Casas, Robert Laffont, « Pavillons », 288 p., 20 €.

Le climat de Barcelone se prête assez peu à l’observation des icebergs. C’est pourtant là, sur les rivages méditerranéens où elle ­habite, que l’artiste et écrivaine Alicia Kopf a eu l’idée de son ­premier roman : Frère de glace, un objet littéraire hybride qui traduit sa fascination pour les contrées les plus froides du globe et notamment pour la conquête des pôles au tournant du ­XXe siècle.

« J’avais une vingtaine d’années pendant la crise économique qui a touché l’Espagne [2008-2013]. J’éprouvais les difficultés que rencontre toute personne qui, à la fin de ses études, essaie d’entrer dans le monde. J’ai alors ressenti le ­besoin de bâtir un récit épique. Un récit qui me permette de résister à cette situation marquée par la congélation de l’économie et des opportunités professionnelles », retrace, de passage à Paris, Alicia Kopf, née Imma Ávalos, à Gérone, en 1982.

Diplômée des beaux-arts de l’université de Barcelone, ainsi qu’en théorie littéraire et en littérature comparée, la jeune femme s’était d’abord lancée dans un doctorat sur l’imaginaire visuel de la conquête des pôles, la preuve par l’image étant indis­sociable de ces exploits. Au milieu de son cursus, le manque de débouchés professionnels ­évidents la convainc d’orienter ses recherches vers des fins purement artistiques, tout en gardant un travail « alimentaire ».

Elle élabore donc un projet en deux volets : d’abord une série d’expositions (« Articantartic ») abordant l’aspect iconogra­phique et plastique de son sujet, avec une réflexion, souvent ironique, sur l’idée de conquête – celle des pôles n’ayant alors aucune autre justification que l’exploit individuel – et un livre, qui en serait le prolongement plus personnel.

Après avoir découvert le journal d’Ernest Shackleton (1874-1922), cet explorateur anglo-irlandais qui, en tentant la traversée de ­l’Antarctique en 1914, vit son ­navire et son équipage faits ­prisonniers des icebergs, elle a l’idée de transposer cette épopée au contexte familial : « Que se passe-t-il quand on se confronte aux glaces familiales, à ces zones de congélation qui se sont installées entre les membres d’une même ­famille à problèmes ? J’ai voulu ­déplacer le récit d’une épopée masculine vers le domaine du foyer. » Son univers proche, ou du moins celui de sa narratrice, est tout aussi ardu que celui des déserts arctiques : un frère atteint d’une forme sévère d’autisme, des ­parents séparés depuis plus de vingt ans, une mère, « conquérante polaire », tirant seule « [s]on frère dans un traîneau », et elle-même, se débattant avec les ­obligations matérielles de l’âge adulte.

Construit en fragments, son ­récit, qui mêle essai, textes d’autofiction et journal, repose sur des juxtapositions d’images – celles de l’intime et celles des aventures arctiques – qui font ­ressortir les contrastes entre les deux situations, « l’une éclairant l’autre ». La narratrice y expose ainsi, à la lumière des expéditions de Robert Peary (1856-1920), de Frederick Cook (1865-1940), ou de Roald Amundsen (1872-1928), la façon dont elle tente de surmonter ses relations avec chacun de ses parents, et de s’extraire des impasses de sa vie amoureuse et professionnelle. C’est toute une « quête d’identité » élaborée autour de la ­présence du frère handicapé que nourrit cette construction comme un montage de cinéma, soigneusement pensée, où cohabitent texte et images (dessins, photos, séquences de film). « Le récit avance grâce aux petites ­découvertes de la narratrice. »

Dans ce livre en train de se faire, elle a choisi d’alterner les trouvailles encyclopédiques, le rapport de ses visites chez un psychologue, qui l’éclairent sur ses difficultés à trouver sa place dans sa famille, et le récit de ses escapades à l’étranger, où elle fait face à sa propre solitude. Son dernier voyage, effectué en Islande pour les besoins du livre, lui permet de se confronter physiquement et pour la première fois à l’expérience de la « vraie glace ». « L’idée était de s’approcher de l’inconnu, dans la mesure où l’on découvre quelque chose de soi-même dans un territoire qui ne nous est pas ­familier. »

Parmi tous les pays de la région arctique, le choix de l’Islande tient à la présence du volcan ­Snæfellsjökull où Jules Verne a ­situé le Voyage au centre de la Terre (1864). Alicia Kopf souligne le lien entre les personnages du romancier, éjectés d’un cratère et échoués sur les flancs du volcan de Stromboli, et les dernières images du film de Rossellini, Stromboli (1950), qui montrent Karen, l’héroïne incarnée par ­Ingrid Bergman, embourbée dans les cendres du même ­volcan. Elle propose « un chemin inverse de celui de la protagoniste du film, une réparation historique : du Stromboli des années 1950, où une femme est bloquée (…), à l’Islande contemporaine, où une jeune femme peut faire de l’auto-stop librement ». Autrement dit, la possibilité d’une émancipation salutaire.

Publié à la suite d’un concours littéraire réservé aux moins de 35 ans, Frère de glace a rencontré un succès inattendu en Espagne. Enrique Vila-Matas lui-même, qu’Alicia Kopf tient pour un de ses auteurs de chevet, a notamment estimé que « dans un autre pays, ce livre aurait changé jusqu’au cours de l’histoire ». Au vu de son accueil, il aura au moins contribué, pour le mieux, au ­réchauffement littéraire mondial.

L’histoire de la conquête des ­zones polaires,au tournant du XIXe siècle, offre à Alicia Kopf, dans son premier roman, une métaphore des plus originales pour évoquer ses propres luttes avec les situations de froid dans lesquelles elle tente de se mouvoir. Qu’il s’agisse de son frère, « un homme pris dans la glace » car atteint d’autisme, de ses relations complexes avec sa famille, ou de sa précarité professionnelle et sentimentale, tout concorde à faire de sa jeune vie d’adulte une banquise où elle s’enlise. Riche de documents ­historiques et de notes de recherche donnant à voir le livre en cours d’élaboration, cet objet littéraire mêlant ­essai et autofiction fascine par ce qu’il met en parallèle. D’un côté les exploits géographiques des aventuriers d’hier, de l’autre la grande aventure, semée d’obstacles douloureux, que constitue la quête de soi : « une nouvelle épopée, sans concurrents et sans ennemis ; l’épopée de soi-même ».

D’une écriture à la fois précise et ­mélancolique, Alicia Kopf fendille ­joliment, à coups de pages de journaux intimes et de micro­récits sur son entourage familial et sentimental, la glace que sa narratrice a créée autour d’elle, carapace fragile à l’assaut d’un monde hostile, sans prise. A mesure que l’histoire progresse avec précaution vers la libération des carcans qui la paralysent, ce texte multifacette, comme un flocon de neige, dévoile surtout la possibilité de surmonter par la littérature ses vortex intérieurs.

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La crítica francesa se vuelca en grandes elogios para ‘Cette brume insensée’, de Vila-Matas

20200712_222428-1Dédoublement de la disparition, apocalypse de l’intertextualité. Avec son habituel et extraordinaire talent, Enrique Vila-Matas poursuit son interrogation sur ce qu’est être un auteur.

Duplicación de la desaparición

 

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La necesidad de traducir(nos) por Marta Rebón.

e948950c399fd3d8165ab8ed488b4226Leo en un artículo de La Repubblica que, según un estudio de Oxford, el 45% de los ingleses cree que el coronavirus es un arma biológica elaborada en China para destruir Occidente. En periodos de crisis —no es novedad— suelen surgir ideas conspirativas basadas en el repudio a lo extranjero.

Si algo he entendido al estudiar idiomas es que las identidades y los conceptos no son monolíticos, sino mutables. Lo que en una lengua parece una verdad indiscutible en otra requiere matizaciones. Al cambiar de código lingüístico nos bañamos en las aguas de otro río. Y eso inocula un sano escepticismo consustancial a la razón plurilingüe. Exponerse a un idioma distinto al propio —antídoto contra la banalidad de la simplificación— es un recordatorio de que el tuyo no es sino uno más entre muchos. El miope “yo” monolingüe ensancha así sus miras hacia un “nosotros” más complejo. Paul Auster admitió, sobre una antología de poesía francesa que editó en 1984, que traducir supuso para él “el primer paso para liberarme de los grilletes de mí mismo, de doblegar mi ignorancia”. En el esfuerzo por comprender otra cultura, se obra un cambio interior que representa un acto de resistencia contra el pensamiento único. Es una quimera concebir una lengua autosuficiente, capaz de plasmar por sí sola todos los matices de una realidad en perpetuo cambio. Lo mismo sucede con cualquier postura intelectual o política. Dice el pensador camerunés Achille Mbembe que es esencial formular un contraimaginario que se oponga a esa demente fantasía de una sociedad sin extranjeros. El elemento “foráneo” no debería quedar reducido a una nota exótica, sino ser visto como un medidor de salud democrática. Basta recordar que, en diferentes momentos de la historia, las mayores explosiones artísticas han coincidido con olas de emigrados que promovieron ricos intercambios en ciudades como París, Berlín o Nueva York. Que fue mano de obra extranjera la que ayudó a levantarlas y convertirlas en capitales del mundo.

Las épocas lúgubres coinciden con la censura de obras extranjeras. En busca del tiempo perdido se tradujo al chino íntegramente por primera vez hace tres décadas con un título de eco fluvial. “Perdido” se transformó en “como agua”, lo cual creó nuevas evocaciones: la definición confuciana del “tiempo” como “agua” o la asociación taoísta entre “agua” y “virtud”. El progreso de la literatura no se entiende sin esta lógica de vasos comunicantes. Fijémonos en la lengua literaria rusa: maduró con traducciones del francés y el alemán. Luego el ruso devolvió el favor cuando se pasaron a otras lenguas obras de Tolstoi, Dostoievski o Chejov. Gracias a ellos, los modernistas británicos descubrieron una nueva forma de plasmar la psique. Virginia Woolf se animó a aprender ruso y a firmar traducciones junto con un emigrado ucraniano. En época soviética, cuando Hemingway o Faulkner se tradujeron a la lengua de Pushkin, revolucionaron la generación de escritores de los años sesenta, etcétera. Viajes de ida y vuelta en el tiempo y el espacio que expanden los horizontes mentales de los territorios.

La lengua de Europa es la traducción, decía Eco. Una manera concisa de expresar que hay multitud de idiomas y que, cuando se traducen entre sí, se crea un diálogo enriquecedor basado en la hospitalidad. En un mundo cada vez más distraído, traducir exige una escucha atenta. O, por lo menos, intentarlo. Hoy, cuando es normal silenciar la opinión contraria con un clic, dar espacio para incorporar la alteridad significa ir a contracorriente.

Las lenguas se tutean con menos complejos que sus respectivos hablantes. Es la naturaleza viva de los idiomas: desoír imposiciones, cruzar fronteras, contaminarse. Y la traducción, como privilegiado puente de enlace, es una lección de convivencia. “Dos culturas, dos lenguas, dos países se traducen —se integran, discrepan, se mezclan— en esa traducción ideal permanente, que constituye la realidad de su relación”, afirma Claudio Magris. Hace poco la consellera de Cultura de la Generalitat declaró que en el Parlament se habla demasiado castellano. El diablo está en los detalles, y ese “demasiado” suyo me sorprendió, a 2.300 kilómetros de distancia, leyendo un pasaje de Leo Spitzer. Filólogo como la consellera, en 1933 tuvo que emigrar de Colonia, donde perdió su plaza de profesor universitario. Exiliado en Estambul, escribió sobre la desterritorialización de las lenguas: “Cualquier idioma es humano antes que nacional: las lenguas turca, francesa y alemana pertenecen primero a la humanidad y, luego, a los turcos, a los franceses y a los alemanes”. Demostrar estima por todas las lenguas sin excepción es algo que se espera primero de un filólogo y luego de un alto cargo de cultura. Se debería practicar siempre, también en el resto de España.

[Publicado en El País, finales de julio 2020]

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EL PRESENTE ERA ESTO [Café Perec]

Screen Shot 2019-08-22 at 9.57.53 a.m.Es cómica la cantidad de autores que últimamente aseguran haber advertido el “asombroso parecido” entre lo que sucede en esta época de pandemia y los que ellos relataron en algunas de sus novelas. Y es cómica porque hasta parece mentira que les sorprenda esto cuando la atmósfera paralizante y mortal que ha ido creando el virus lleva ya en realidad años arraigada entre nosotros. De hecho, si nos molestáramos en mirarlo todo mejor, veríamos que vienen los libros recogiendo esa atmósfera desde tiempo inmemorial. Para comprobarlo basta con que abramos cualquier ejemplar de nuestra biblioteca portátil (la que siempre está preparada para salir de viaje) y ahí enseguida encontraremos descrito ese fallo en el sistema del que ha nacido la pandemia. Ese fallo se llama La avería en el libro del mismo título de Friedrich Dürrenmatt que ha publicado Periférica: una breve pieza magistral del autor suizo, donde se nos describe un mundo que trastoca el concepto de mal por el de avería. Pero es que también a la más famosa de las averías (la muerte) la encontramos en el libro vecino al de Dürrenmatt, la encontramos en Ese mundo desaparecido, de Dennis Lehane (en Salamandra), donde ayer mismo leí estas líneas: “El presente era esto y la muerte se le acababa de plantar más cerca que nunca; se le había sentado en el hombro y le estaba acariciando el cabello con los dedos”.

El presente era esto. Lo subrayé. No había frase que mejor resumiera la imagen pandémica por excelencia: esa sensación ininterrumpida de tiempo suspendido, paralizado, que, al carecer de un futuro visible, permite que acabemos viviendo –entre proyectos cancelados y recuerdos de otras tardes– en el presente del pasado, revisando en un inagotable y absurdo bucle lo que hicimos y leímos. Esa es la profunda gris atmósfera en la que nos hallamos sumidos. Y pensar que, hasta no hace tanto, simplemente salir en automóvil por ejemplo nos creaba la impresión de libertad, de avanzar hacia adelante. Aunque, ¿hacia dónde creíamos avanzar? ¿Acaso no nos lo había advertido ya F.Scott Fitzgerald al final de El gran Gatsby cuando dijo que solemos ir adelante, botes que reman contra la corriente, incesantemente arrastrados hacia el pasado?

Pero es quizás Los anillos de Saturno el libro que cuenta más directamente lo que sucede ahora mismo en este presente confuso y desgraciado en el que nos hallamos. En él, un tal Sebald acaba hospitalizado en estado cataléptico, con una sensación de enajenación total relacionada con las alucinaciones propias de encontrarse en un lugar elevado, mirando al mundo desde arriba. “Si nos observamos desde una gran altura es espantoso darnos cuenta de lo poco que sabemos sobre nuestra especie, nuestro propósito y nuestro fin”, escribe el tal Sebald, consciente de nuestra insignificancia y del clima de parábola agotada que nos envuelve a todos, del clima de  parábola ya recorrida, que por si fuera poco incluye dentro de ella el detalle más terrorífico: la ausencia de una auténtica conciencia planetaria de la humanidad.

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AQUÍ ESTAMOS EN CONTRA DE TODO

Diagonal de Barcelona, 2014. Vila-Matas y Juan Marsé.A veces, narrando, tanto como aconsejando, podía ser fulgurante, tajante. En el apartado de los consejos recuerdo el que me dio hace ya muchos años cuando me encargaron un artículo sobre sus orígenes como narrador y, como fuera que éramos vecinos del barrio, se lo comenté poco después en plena calle del Torrente de las Flores. Me miró, sonrió y me recomendó que primordialmente me divirtiera. No añadió más, pero fue suficiente, comprendí enseguida.

Un mediodía, acudió un pintor catalán que triunfaba en Nueva York a la tertulia que hasta hace poco tuvimos todos los domingos a la hora del aperitivo en un bar de Diagonal / Tuset y se puso a preguntarnos cómo seguía la vida en la ciudad y que opinábamos de la alcaldesa, por ejemplo. No sabía qué contestarle cuando Marsé se adelantó y le dijo tajante, con divertida contundencia:

-Aquí estamos en contra de todo.

No añadió más, y ni falta qué hizo. A veces Marsé me recordaba a Gatsby: había algo brillante en torno a él, una exquisita sensibilidad para captar las promesas de la vida, como si estuviera vinculado a una de esas complicadas máquinas que registran los terremotos a mil millas de distancia. Y no era que tuviera “temperamento creador”, ni ninguna de esas cursiladas, sino que tenía un don extraordinario para observar de cerca hasta el más mínimo detalle de la persona que tenía frente a él o a su lado y, según como la viera, decidir en décimas de segundos en qué lado de sus simpatías o antipatías la situaba, dónde pues colocaba a aquellos a los que no podía soportar ni en pintura.

Por tranquilo y quieto que pareciera, era rápido como una centella. Quizás por eso era tan tajante, y también quizás por eso era un hombre de una pieza, y lo que le devoraba era el turbio polvo flotando en la estela de sus sueños. Sobre ellos, sobre los sueños, había montado una obra entera, de hombre entero, habitante de un barrio mental muy amplio, mundial, y no el que las almas muertas adjudican al territorio barcelonés donde pasó su infancia. Porque ese barrio de sus novelas, que mezcla las antiguas barriadas de La Salut y del Carmel, las del Guinardó y Gracia, es atravesado por la fría luz de Shanghái, que en los últimos tiempos le llevó –mezclándose con la cuestión  obsesiva de la identidad y el apogeo de la misma en un sector de la sociedad catalana–  al descubrimiento de sus ancestros chinos, concretamente malayos –antepasados en Sumatra–, lo que cambió alguna de sus costumbres más autóctonas, y no así, en cambio, sus convicciones, porque siguió aplaudiendo a los que apuestan por el chirriante estupor que produce la realidad y se decantan por un incondicional respeto a la ficción.

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Lima, la sin lágrimas (C.A. Molina) /// Lima personal (Ruiz Ortega)

lima-la-sin-lagrimas«Me encanta también hacerme amigo del crítico literario y joven escritor Gabriel Ruiz Ortega que parece, y es cierto, haberlo leído todo y aún sobrarle tiempo. Sus juicios son atinadísimos y muy equilibrados. Es irónico, divertido y optimista. La demostración de que la literatura no hace gente adusta, sino reconciliada consigo misma; esperanza de que en el futuro aún haya así, gente como nosotros, a pesar de los videojuegos y otros instrumentos de tortura mental»

(César Antonio Molina, Lima, la sin lágrimas)

En la web de V-M:

LIMA PERSONAL, por Gabriel Ruiz Ortega.

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  LIMA PERSONAL

Como ciudad desbordante (con 9 millones 320 mil habitantes / sin contar la presencia de hermanos venezolanos que deben rondar el millón), esta tiene sus pequeños circuitos, sus espacios con los que cada quien puede sentirse identificado, ya sea por elección o porque no le quedó de otra alternativa.

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Rebecca Solnit ó el arte de perderse / Alex Vicente desde París para El País

67 Pese a haber sido una de las firmas más destacadas de la revista Harper’s, REBECCA SOLNIT (Bridgeport, Connecticut, 59 años) prefirió no firmar el polémico manifiesto contra la “intolerancia” del activismo progresista publicado en la cabecera estadounidense. “Es un cúmulo de declaraciones vagas que parecen defender la libertad de expresión. ¿Y quién no está a favor de la libertad de expresión? En realidad, lo que defienden es una expresión sin consecuencias para aquellos que hace tiempo que gozan de esa libertad”, responde desde su casa en San Francisco. La ensayista, convertida en referente del feminismo desde que publicó Los hombres me explican cosas en 2014, regresa ahora con Una guía sobre el arte de perderse (Capitán Swing), donde recuerda las ventajas de salirse del camino y deambular por territorios que no aparecen en los mapas, tanto en el sentido literal como en el figurado.

Así es como procede Solnit en su trabajo intelectual. Para la escritora, el debate público no se ha vuelto irrespirable, como pretende el texto de Harper’s cuando afirma que “el libre intercambio de información e ideas, la savia de una sociedad liberal, está volviéndose cada día más limitado”. “En mi experiencia, es al revés: se está volviendo cada vez menos restringido, porque hoy escuchamos a más mujeres, gente de color y personas queer, además de otras voces que no habían formado parte de la conversación”. El problema del texto, para Solnit, es que victimice a quienes generan una violencia simbólica y, en cambio, se olvide de quienes la padecen en sus carnes. “La carta no defiende a los trans, las feministas y otros que han sufrido amenazas contra sus voces y sus vidas. A quienes parece defender es a aquellos que han tenido una plataforma de expresión y han vivido una mala experiencia cuando a alguien no le gustó lo que decían”, puntualiza la escritora. “Parte de lo que se percibe como represivo es la hostilidad respecto a posiciones que la merecen. Por ejemplo, como activista climática tengo tolerancia cero con los negacionistas: en ese tema, no hay dos versiones. Y lo mismo sucede con el resto de asuntos clave de nuestro tiempo”, remata Solnit.

La ensayista se puso a escribir este nuevo libro, publicado en 2005 en inglés, al terminar Wanderlust. Una historia del caminar, volumen que logró abrir un nicho editorial. “Sentí que había temas que no había explorado. Uno de ellos era el hecho de deambular y perderse, y por qué eso era importante en una sociedad cada vez más controlada. ¿Qué significa zambullirse en lo desconocido?”, se pregunta su autora, crítica precoz de “las nuevas formas de vida basadas en el silicio”, que lógicamente se reafirma en su diagnóstico 15 años más tarde. Supondría también su primera experiencia con una escritura “menos académica”, que luego convertiría en su marca de fábrica. “Quise perderme también al escribir. Empecé a hacerlo de una manera más poética, a partir de asociaciones más personales”, explica la autora, que cita a Eduardo Galeano o Ariel Dorfman como ejemplos a seguir, por su manera de “mezclar la vida y el arte”.

En el libro, Solnit describe el hecho de perderse como un gesto político, ya que permite desarrollar la independencia, el instinto de supervivencia, el sentido de la orientación y el potencial de la imaginación. “No nos encontramos a nosotros mismos hasta que no estamos perdidos”, escribió su admirado H. D. Thoreau. “Perdernos nos da una capacidad de desenvolvernos que solíamos usar más cuando no teníamos teléfonos móviles. Hoy la gente ya no sabe orientarse sin un móvil y me parece una pena”, suscribe Solnit. “No perderte nunca es no vivir”, dice en el libro, mientras deambula por asuntos como su incierta genealogía familiar, el significado cultural de las ruinas o el “azul de la distancia”, el color de los horizontes y las cordilleras remotas, el de la melancolía y el anhelo.

Fascinada por los asuntos más variados, la ensayista detecta, pese a todo, algunos hilos conductores en su producción. Por ejemplo, su pasión por la naturaleza y por la exploración del paisaje, digna de la californiana de pro que dice ser —nació en Nueva Inglaterra, pero ha vivido en la bahía de San Francisco desde que tenía cinco años—, pero también su pasión por contar historias desde ángulos inversos a los habituales. Empezó a escribir sobre la lucha feminista en un lejano 1985, cuando se creía que los trajes de chaqueta y las hombreras pronunciadas bastarían para resolver esta papeleta. “A partir de 2012, empezó a ser posible mantener una conversación más profunda”, dice Solnit, que en el archiconocido ensayo que haría germinar el término mansplaining, que ha hecho fortuna también en español, se decía convencida de que no vería terminar esta guerra antes de morir. Ese socorrido neologismo le resulta “tremendamente útil”, aunque le moleste que “a veces se use mal”. “Me encanta que un hombre me explique cosas que no sé. Lo que no me gusta es que un idiota que ha leído un artículo no sé dónde le explique la astronomía a una astrónoma, o la medicina a una médica”.

Contragolpes misóginos

Una década después, Solnit se siente bastante más optimista, pese a la violencia de los backlashes, esos contragolpes misóginos incentivados por “supermachos como Trump, Putin o Bolsonaro”. “La protesta civil no es un acto matemático de causa y efecto. Sus resultados son difíciles de cuantificar, pero de repente puede surgir una Greta Thunberg de la nada, una Primavera Árabe, un movimiento como Black Lives Matter”, asegura. Respecto a este último, pronostica que tendrá “las mismas consecuencias que el MeToo”: será un cambio cultural que se lo llevará todo por delante. Aun así, le preocupa el desvío transexcluyente de parte del feminismo, que cuenta con portavoces tan escuchadas como J. K. Rowling. “Desvía la atención respecto a la amenaza real para las mujeres, que es el patriarcado. La amenaza no son las mujeres trans, sino que haya una violación por minuto. Las mujeres trans son mujeres”. Ella cree en un feminismo interseccional, que también hable de raza y de clase social, y aboga por los frentes comunes. “Mis derechos no se ven perjudicados por los que puedan conquistar otros grupos. Al revés, la cultura queer me ayudó a liberarme como mujer al flexibilizar la noción de género. Y al revés: si hoy existe el matrimonio homosexual también es gracias al feminismo, que redefinió esa unión como una relación negociada entre iguales”, sostiene Solnit.

En su ensayo Un paraíso construido en el infierno, que publicó tras el desastre del Katrina, la autora defendía las oportunidades que se abren en los momentos más oscuros. La actualidad merecería que escribiese un nuevo epílogo. “Los desastres abren posibilidades. No puedo celebrar la pandemia, porque mucha gente lo ha pasado muy mal, pero nos ha quitado la vieja excusa de que no se pueden cambiar las cosas. Estados Unidos se sacó tres billones de la manga para reactivar la economía y las emisiones globales han descendido un 17%”, recuerda Solnit. “En mi país puede hacer aumentar la conciencia de que necesitamos una cobertura médica universal y un ingreso mínimo vital. Por eso, la pandemia es anticapitalista, porque nos enseña otras maneras de vivir”

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KARINA SOSA CASTAÑEDA, OAXACA,

5f07d1b6e10ecCABALLO FANTASMA  (Almadía, 2020).

Una gran novela, pero también un diario y un ensayo sobre la ficción (La Razón, México)

Un libro de Karina Sosa Castañeda (Oaxaca, 1987): “Mi gran deuda con Vila-Matas”

«Hay una larga tradición de novelas sobre el padre. O sobre la muerte del padre. De Pedro Páramo a La invención de la soledad, por ejemplo. Caballo fantasma (Almadía, 2020), la primera novela de Karina Sosa, invierte la ecuación y pone, de un modo notable, en el centro de la búsqueda no al padre sino a la madre. Es la madre el enigma, la ausencia, el fantasma a develar. La madre es una pregunta abierta que la narradora, una tal K, tratará de entender a lo largo de toda la novela. Esa mujer que se marchó cuando la narradora tenía un año, esa mujer que vivía en esa misma ciudad, según el relato del padre, pero a la que no va a ver nunca. Esa mujer que estaba relacionada con caballos. “¿Qué tienen que ver, se pregunta la narradora, la memoria, los fantasmas, los caballos? ¿Qué tiene que ver mi madre con los caballos?” La madre es la columna ausente que organiza el sistema de la novela (Hernán Ronsino)

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EXPLÍCAME A DURAS & [Café Perec]

XAFN4LJA65NK24OTVPZBH36RAQEl 7 de julio de 1960 –sí, san Fermín–, hace exactamente sesenta años, aparecía en Gallimard, París, la novela, Las diez y media de una noche de verano (Dix heures et demie du soir en été), de Marguerite Duras. Novela extraña, aunque ya sólo fuera porque transcurría en un enclave aragonés. En circunstancias distintas a las de este año, habría podido organizarse hasta un ferrocarril –una especie de Transiberiano en miniatura, digamos que un “Transdurasiano”– que saliera de Zaragoza y entrara en Pamplona en plenas fiestas para celebrar allí los sesenta años exactos del libro. Claro que no sé a quién habría atraído este proyecto. Las diez y media de una noche de verano, sigue siendo, sesenta años después, una novela rara que utiliza un tiempo muerto para hablar de los celos entre unos “civilizados” parisinos a los que una tormenta detiene en una población en la que acaba de cometerse un crimen pasional, supuestamente muy español. Una novela rara en la que nos perdemos de pronto por una carretera aragonesa donde el tiempo no avanza y el contraste entre la frialdad de unos y el bulto del asesino oculto crea una atmósfera literalmente chocante. A diferencia de ahora cuando las escritoras, por el sólo hecho ya de serlo, cuentan con el apoyo casi implícito de sus queridas colegas, Duras, empeñada en forjar una literatura muy personal, tuvo que luchar contra todo Dios o Diosa.  A Simone de Beauvoir, por ejemplo, no le faltó tiempo para decirle al editor Gallimard: “Explícame a Duras, porque no entiendo nada”.

Es normal que Duras fuera acumulando rencores y que años después terminara por preguntarse por qué había aceptado tanto tiempo todo tipo de consejos, críticas, risas y vejaciones. En un texto inédito dice de aquel periodo: “Voy a hablar bien de mí. Alguien tiene que hacerlo. Impresiona ver cómo por aquellos días nadie creía en lo que yo hacía”. La acusaban de estar demasiado pendiente del hecho de escribir. “Ves, nosotros, no hablamos de ello”, le decían tanto su marido, Robert Antelme, como Dyonis Mascolo, que precisamente eran los clásicos intelectuales franceses, esclavos de la escritura, en claro contraste con Gérard Jarlot, el hombre guapo y tenebroso del que nunca se habla, seductor, salvaje, divertido, culto, escritor sólo a ratos, un hombre libre y gran embaucador con el que vivió una extrema gran aventura de amour fou que muy pocos saben que está detrás del tenebroso clima pasional que centra la historia de su relato aragonés; relato doblemente decisivo porque, gracias al talento de Jarlot, ella pudo dar un giro y empezar a escribir novelas de un estilo por fin nuevo, Las diez y media de una noche de verano, entre ellas.

Cinco años después de aquel 7 de julio, Lacan le dedicaría unas palabras bellísimas: “Que no llegue nunca Duras a saber que escribe lo que escribe, porque se perdería y eso sería una catástrofe”. Y los seguidores de esta escritora nos enteramos entonces de cómo había en realidad que leerla (y explicarla): perdidos como Simone de Beauvoir en una carretera baturra.

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LA LECCIÓN DEL MAESTRO. [Andreu Jaume sobre Jordi Llovet]

24-weekend-reads-2015-04-17-bk03_i“Con la desaparición del magisterio, ha desaparecido también la transmisión de una larga y fastuosa tradición”. Así de rotundo se muestra Jordi Llovet  en el elegíaco postfacio de Els mestres (Galaxia Gutenberg), el homenaje que ha tributado a sus maestros Miquel Batllori, José Manuel Blecua, Martín de Riquer, José María Valverde y Antoni Comas. A cada uno de ellos les dedica un retrato afectuoso y nostálgico que describe tanto los principales rasgos de sus personalidades como su particular forma de entender los estudios humanístcios  o su manera de ejercer la autoridad, que es probablemente el concepto protagonista de estas páginas, como lo era en Adéu a la Universitat (Galaxia Gutenberg), su polémico ensayo sobre su experiencia docente. Como recordaba siempre , auctoritas procede del verbo augere, que significa aumentar, y remite a la capacidad de quien ostenta autoridad para ampliar los cimientos de la tradición. La auctoritas se contraponía en Roma a la potestas, que era sólo el poder concedido legalmente a los magistrados, que en su más alta dignidad podían ejercer también el imperium, consistente en la fuerza militar y el privilegio de interpretar los auspicios divinos.

Jordi Llovet lleva a cabo en este libro un emocionado ejercicio de reconocimiento, nombrando señores a una serie de profesores y eruditos de quienes se sintió vasallo y denunciando al mismo tiempo la desaparición de esa forma de reconocimiento, en su sentido crítico más complejo, en la sociedad del siglo XXI. En un mundo que se dispone a derribar estatuas, borrar lápidas, mutilar libros y censurar obras de arte en aras de una presunta manumisión ideológica –lo que podríamos llamar la iconoclastia de la ignorancia–, el encuentro de Llovet con el fantasma de sus maestros, como el de Eliot con el de Yeats en las calles muertas del Londres destruido por los bombardeos, no puede ser sino un acto de disidencia.

Jordi Llovet / LENA PRIETO

Es verdad que la conversación póstuma con el maestro, de larga tradición literaria y filosófica, ha sido siempre una escena compleja, a menudo tensa, transida de admiración pero también de sufrimiento y muchas veces de rencor y de discrepancia. Toda nuestra tradición filosófica surge del parricidio que Platón cometió contra Parménides en el Sofista. Y Eliot, para reconciliarse con Yeats en el inolvidable pasaje de Little Gidding, recrea tanto el episodio de Dante  con Brunetto Latini en el Infierno –unos versos del cual Llovet utiliza como epígrafe para su libro– como la escena de despedida entre Hamlet y el espectro paterno en las almenas de Elsinor.

No hay, en Els mestres, ni rastro de esa angustia de las influencias, sino simplemente un tributo de amor y agradecimiento. Tan sólo las referencias siempre mordaces contra Joaquim Molas o el silencio con respecto a Antonio Vilanova –que fue su director de tesis– nos permiten imaginar lo que hubiera podido ser la otra cara de este libro. Significativamente, tampoco hay aquí menciones a otros profesores con los que Llovet se formó, como por ejemplo Julia Kristeva, y que en un principio podrían parecer más cercanos a lo que ha sido su trayectoria intelectual. Aunque se doctoró en hispánicas, Llovet en realidad cursó su carrera en el extranjero, en Frankfurt, París y Bolonia, especializándose, a lo largo de la década de 1970, en la vanguardia crítica del momento, que utilizaba herramientas de la hermenéutica y el psicoanálisis, una corriente que luego él, siendo ya profesor, quiso implantar en la Universidad de Barcelona, precedente de su ímprobo esfuerzo por crear en su facultad el departamento d Teoría de la Literatura y Literatura Comparada.

 

La elección, por tanto, de esos y no de otros maestros es también elocuente. Batllori fue historiador, Riquer medievalista y Blecua hispanista. Los más afines a su genealogía intelectual fueron sin duda José María Valverde, que se dedicó sobre todo al estudio de la literatura moderna y contemporánea, con una vocación claramente comparatista, y Antoni Comas, fallecido prematuramente y quizá la figura más llamativa de este retrato coral, puesto que de alguna manera encarna todo aquello que podría haber sido y no fue con respecto a la concepción y enseñanza de la literatura catalana en la España democrática. En una de las escenas más impactantes del libro, Llovet recuerda a Martín de Riquer  recitando de memoria el Dies irae en la capilla de la universidad durante la ceremonia en recuerdo de Comas, que en 1981 había muerto con tan sólo cincuenta años. Teniendo en cuenta que su sustituto en la cátedra fue Joaquim Molas, el Requiem parecía ir dedicado no sólo a su persona sino también a los valores que representaba y que fueron luego liquidados en la Cataluña de Pujol.

Por supuesto, la figura escondida en esta Conversation Piece es el propio discípulo, que con gran elegancia apenas habla de sí mismo. Durante cuarenta años, Jordi Llovet ha sido maestro de varias generaciones de estudiantes de letras, entre los que me cuento. Hasta que ganó la cátedra –en el ejercicio de oposición más deslumbrante e insólito que jamás se ha visto, tanto por el respeto del tribunal como por la exposición de Llovet, a quien por cierto un anciano y frágil Blecua quiso apoyar con su presencia en lo que seguramente fue una de sus últimas salidas de su domicilio–, Llovet impartía tan sólo una asignatura de primero que se llamaba Teoría de la Literatura, común a todas las filologías. Como he dicho en más de una ocasión, virtualmente nunca he salido de esa aula.

Con el ánimo de introducirnos en la literatura universal, Jordi nos obligó a leer e interpretar obras como Los muertos de Joyce, A una que pasa de Baudelaire, Tal y como en los días de fiesta de Hölderlin,  El infinito de Leopardi o La metamorfosis de Kafka. Su lectura, sobre todo, de Hölderlin y Kafka me dejó completamente fascinado. Nunca nadie me había demostrado que la inteligencia, de viva voz, podía sobrevolar un texto literario de esa manera. Hablando de La transformación –así defendía él, como antes Gabriel Ferrater, que debía traducirse la narración de Kafka–, nos dijo un día: “La semana que viene os llevaré todavía más lejos”. Y así, clase tras clase, Llovet fue tejiendo un tapiz de comentarios y exégesis donde tan pronto aparecía Homero como Horacio, Shakespeare, Dante, Samuel Johnson, Dickens, Flaubert, Antonio Machado o Carles Riba.

 

Su dominio de la alta cultura estaba lleno de libertad, pasión y humor. En sus largas digresiones, Jordi podía pasar del comentario severo al disparate imprevisto, de la profundidad religiosa a la travesura pueril. En un rapto de entusiasmo era capaz de subirse a la mesa de la abarrotada aula 303 y ponerse a cantar, con su voz de barítono, Là ci darem la mano de Don Giovanni, cumpliendo con la maravillosa vocación de histrión que siempre ha conservado, a despecho del mundo y sus convenciones. Una de las tantas cosas que le agradezco, por cierto, es que me introdujera, cuando yo apenas tenía veinte años, en las óperas de Mozart, que desde entonces han sido una fuente inagotable de placer y alegría.

La aportación de Jordi Llovet a la vida cultural –política, en un sentido lato– de este país está aún por evaluar y honrar como merece. Además de su heroico ensayo de dignificación universitaria, a la postre tan ingrato, hay que destacar su labor como miembro fundador y director del área de literatura del Institut d’Humanitats, donde también creó, a imitación del New York Institute for the Humanities, al que asistió en la década de 1980, la inolvidable Sociedad de Estudios Literarios (SEL), que una vez al mes reunía a los mejores intelectuales de Barcelona para debatir sobre literatura. En la SEL fue donde Martín de Riquer, por ejemplo, expuso por primera vez su teoría de la autoría única del Tirant lo Blanc.

Admira también repasar la lista de obras que Jordi ha traducido. Su versión del Félix Krull de Thomas Mann o de El archipiélago de Hölderlin son sencillamente dos obras maestras de la prosa y el verso en catalán. Ejemplar es también su edición en castellano de la obra completa de Kafka, publicada por Galaxia Gutenberg. Y en sus artículos y ensayos, como en este libro de los maestros, Jordi siempre es dueño de una prosa hipotáctica, muy difícil en catalán, tan eufónica y bien articulada como su propia persona, la única que yo he conocido capaz de hablar con notas al pie. En los últimos tiempos, cada vez que trato de animarle para que traduzca alguna obra más de Hölderlin o de Rilke, Jordi indefectiblemente me contesta: “¿Y para quién quieres que lo haga? Todas mis traducciones han sido guillotinadas. El país está acabado”. Él se conforma con cultivar la amistad, de la que es un virtuoso, y con seguir completando su fastuosa biblioteca, trasunto, dice, de la felicidad de su vida.

Aunque tiene demasiado sentido del humor para considerarse víctima de nada, la verdad es que la talla intelectual y moral de Jordi Llovet no ha recibido el reconocimiento que él ha sabido dedicar a sus maestros. Y a pesar de que a nosotros, los más jóvenes, no nos queda más remedio que perseverar, en un mundo que ya nada tiene que ver con el de aquellos legendarios dons, no podemos sino comprender que en este libro el maestro parezca cantar con Virgilio: “Claudite iam rivos pueri sat prata biberunt” (“Cerrad las acequias, muchachos, pues ya bebieron los prados

**publicado por Letra Global el 7 de julio 2020.

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Hacer de la literatura el núcleo mismo de tus obras.

Romy Schneider sur le tournage du film 'Dix heures et demie du soir en été' (10:30 P.M. Summer) réalisé par Jules Dassin en 1965 en Espagne . (Photo by Giancarlo BOTTI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Romy Schneider sur le tournage du film ‘Dix heures et demie du soir en été’

“En la actualidad, salvo algunas excepciones (Vila-Matas, Roth, Coetzee, Auster), son pocos los autores contemporáneos que logran verdaderamente hacer de la literatura el núcleo, la médula misma de sus obras. Hace falta profundidad en el trabajo literario, pero sobre todo una mayor comprensión de la compleja tarea que tiene el escritor entre sus manos”

(La SER hoy 5 de julio hablando de Baricco en Mr Gwyn, el retrato que nos descubre quienes somos )

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alejandro zambra habla de vila-matas y de los padres sin hijos

zPADRES SIN HIJOS   Por Alejandro Zambra

“Las lagunas son mi punto de partida”, decía monsieur Teste, y a lo lejos, desde Chile, así veo la literatura de Vila-Matas: como una laguna y como un punto de partida.

La laguna: no esperábamos recibir, desde España, esos libros raros. Pero los libros de Vila-Matas no son raros. Lo raro es que alguien los haya escrito, que alguien haya preferido escribirlos, en contra pero a favor del silencio, en contra pero a favor del fracaso. Entonces, a comienzos de los años noventa, los libros que teníamos cabían en una maleta, y eso no ha cambiado, salvo que la maleta ahora es más grande, o hemos descubierto, por fin, su doble fondo. Pero igual había precarios estantes donde acomodar a Vila-Matas junto a Enrique Lihn o a Juan Emar y cerca de otros viejos conocidos: pienso en Perec, en Macedonio y, sobre todo, en Maurice Blanchot.

Leíamos tanto a Blanchot que necesitábamos a alguien que lo hubiera leído antes. Alguien que no fuera un profesor ni un alumno o que al menos no anduviera por la vida enseñando o aprendiendo. De seguro Vila-Matas fue el primer español que leyó a Blanchot (el primero y el último, iba a escribir, pero sería injusto, pues los cables internacionales afirman que hoy son muchos los españoles que leen a Blanchot, en especial después de leer a Vila-Matas). Recuerdo, de La escritura del desastre, este bello fragmento que serviría de epígrafe para cualquier libro de Vila-Matas: “¿Y si escribir es, en el libro, hacerse legible para todos, e indescifrable para sí mismo?”.

Me gusta ese matiz: se escribe en el libro. Escribir es, para Vila-Matas, escribir libros, por eso sus colecciones de cuentos son más bien novelas o ensayos camuflados. Hijos sin hijos, por ejemplo. Cuando leímos Hijos sin hijos éramos, apenas, hijos con padres que hacían lo posible por convertirse en hijos sin padres (el plural es algo engañoso, pues hablo en nombre de tres o cinco lectores, aunque nos creíamos, entonces, baúles llenos de gente). Desde hace un tiempo, Vila-Matas ya no es un hijo sin hijos, pues ahora sin duda es un padre sin hijos, y digo sin duda sólo para ser enfático como lo es Vila-Matas cuando habla raro. Me lo dijo esta mañana el escritor Roberto Contreras, con total naturalidad, como si expresara una verdad contundente y en un tono que transmitía una profunda admiración: Vila-Matas ya es todo un padre sin hijos. Y eso significa, pienso ahora, a manera de callado lamento, que nosotros ya somos unos verdaderos hijos sin padres.

“La prosa de Kosztolányi es silenciosa y aguda. Nuestros libros actuales son más ruidosos y tal vez más turbios”, ha dicho Péter Esterházy, y quizás Vila-Matas suscribiría esta forma de leer el presente. El libro más ruidoso y más turbio es misteriosamente legible para los otros e indescifrable para el que escribe: eso es lo que he aprendido leyendo a Enrique Vila-Matas.

 

 

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‘Esta bruma insensata’ en Uruguay.

Enrique Vila-Matas, Spanish, writer, Feltrinelli, novelist, portrait, Modena, Milano, Italy, 8th September 2007. (Photo by Leonardo Cendamo/Getty Images)

Enrique Vila-Matas, Spanish, writer, Feltrinelli, novelist, portrait, Modena, Milano, Italy, 8th September (Photo by Leonardo Cendamo/Getty Images)

Alicia Torres (critica de  la revista BRECHA, de Uruguay)  selecciona en El observador como lecturas para este mes ESTA BRUMA INSENSATA, de Enrique Vila-Matas y los diarios de Kafka.

«la historia de dos hermanos que tienen formas antagónicas de entender la creación literaria. Uno en Cadaqués, el otro en New York, …»

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El paria que esperaba a Godot. [Café Perec]

15931002096053035991443002732409Se trata de un episodio en la vida de Beckett que no ocupa más de una página en sus biografías. Finales de 1954, casi dos años después del estreno de Esperando a Godot. En esos días Beckett ha comenzado a descubrir que hay personas para las cuales su escritura tiene una especie de efecto obsesivo, como si sus textos fueran sagrados y contuvieran la clave de alguna especie de salvación. Un día, recibe una carta desde el penal de Lüttringhausen, en Alemania, donde un condenado por fraude, Karl Franz Lembke (firma “el prisionero”) le comunica que ha traducido Esperando a Godot al alemán y con gran éxito lo ha representado entre rejas ya quince veces. A Beckett le sorprende gratamente aquello, pero declina la invitación a Lüttringhausen, aunque en la posdata le dice cortésmente a Lembke que si en algún momento alguien de la cárcel viajara a París no dude en visitarle.

No pasa mucho tiempo y “el prisionero”, incumpliendo la libertad condicional, cruza la frontera y se presenta ante Roger Blin en el teatro de París donde representan Esperando a Godot. Llega helado de frío y muerto de hambre, así que Blin termina alojándolo en su casa, donde no tardará en descubrir que Lembke es un turbio noctambulo pendenciero además de un hombre hábil para estafar a cualquiera. Cuando Blin comprende que no se irá nunca de la casa, pide auxilio a Beckett, que le sugiere que, tras comunicarle a Lembke que él no lo podrá recibir porque estará fuera de París por mucho tiempo, le dé dinero de sobras para que vuelva al penal. “El prisionero” acepta los francos y sale en busca, dice, del sol del sur de Francia (donde se perderá su pista).

La  historia del hombre helado de frío habría podido ser un episodio más de la vida de Beckett de no haber sido por la extrema curiosidad de Erika Tophoven –traductora canónica de Beckett al alemán–, quien, décadas después de aquello y habiendo ya rebasado la edad de ochenta años, decidió averiguar quién estaba detrás de aquel destemplado Lembke y comenzó a descubrir una asombrosa trama de suplantaciones, estafas y alucinantes cambios de identidad en una larga fuga sin fin por toda Europa: unas historias que, para entendernos, superan en ingenio y arrojo a las de cualquier  héroe de ficción de nuestro tiempo, como Jason Bourne por ejemplo.

La investigación llevó lejos a la gran Erika Tophoven, de sorpresa en sorpresa, y le permitió reconstruir en su brillante libro Godot entre rejas (Hurtado & Ortega, traducción de Juan de Sola) la tortuosa vida del estafador y con ella la historia de la Europa de aquellos días. La muy minuciosa investigación de Erika Tophoven guarda ciertas afinidades con las laberínticas indagaciones de Modiano en Dora Bruder, ó de Martínez de Pisón en Filek, y va reencontrando con gracia el clima de impostura general que dominó aquella época tan sombría de Europa, lo que a la larga nos permite comprender por qué en realidad dónde mejor podía vivir oculto el estafador Lembke era en un escenario, entre rejas y bambalinas, disfrazado de paria que esperaba a Godot.

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(Julien Gracq) La literatura misma como un bosquejo furtivo

Julien Gracq turned against French literary circles and rejected the Goncourt Prize, for which he had been chosen  for ÒLe Rivage des SyrtesÓ (ÒThe Opposite ShoreÓ), his best-known novel. Paris, FRANCE - 8/12/1951. Julien Gracq, French writer known for Surrealism and solitude and for having turned down France's top literary prize, died on Saturday 23 in Angers, France. He was 97. Born on July 27, 1910, in St.-Florent-le-Vieil, in the Loire region of France. He lived there until just before his death.

Julien Gracq turned against French literary circles and rejected the Goncourt Prize, for which he had been chosen for ÒLe Rivage des SyrtesÓ (ÒThe Opposite ShoreÓ), his best-known novel. Paris, FRANCE – 8/12/1951. Julien Gracq, French writer known for Surrealism and solitude and for having turned down France’s top literary prize, died on Saturday 23 in Angers, France. He was 97. Born on July 27, 1910, in St.-Florent-le-Vieil, in the Loire region of France. He lived there until just before his death.

Alberto Ruiz de Samaniego sobre LA FORMA DE UNA CIUDAD

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DE LO QUE NO SUELE HABLARSE [Café Perec]

zadie smith

zadie smith

De vez en cuando me acuerdo de quienes se han quejado de que, cuando irrumpió el estado de alarma en marzo, vieron frustradas las expectativas de promoción y de inminente ruido mediático que pensaban que llegarían con la aparición de su nuevo libro. Son lamentos que crean incluso la impresión de que la pandemia ha actuado como una hoz despiadada, segándolo todo a su paso. Son pequeñas tragedias modernas un tanto inquietantes, porque detrás de ellas sospecho que se agazapa la idea de que para los escritores el éxito literario es sinónimo de felicidad.

Pero ¿es así? ¿Y no habrá en realidad en esa asociación de éxito y felicidad un malentendido del que se han aprovechado ciertos explotadores de los escritores? Recuerdo que Juan Marsé contó que haber confundido el éxito con la felicidad fue, en un pasado ya remoto, un error suyo: “Ahora me gusta pensar que, para el verdadero escritor, cada novela que consigue terminar encierra para él un íntimo fracaso: solo él sabe la distancia que media entre el ideal que se propuso al empezar a escribirla y el resultado final obtenido. Incluso cuando consigue una obra que se considera lograda”.

No se puede hablar más claro de la existencia de fracasos internos de escritura, de un tipo de contratiempos que atraviesan los escritores cuando se enredan en la aventura de escribir un libro; un tipo de contratiempos –en efecto, sólo el escritor conoce la distancia que media entre lo planeado y el resultado final– que quedan fuera del alcance de hasta los más perspicaces críticos. Se trata de unas derrotas invisibles, calladas, las mismas que un buen día llevaron a Zadie Smith a escribir cartas a algunos amigos escritores y, tras jurarles mantener ocultos sus nombres, preguntarles cómo juzgaban su propio trabajo. Uno de ellos, convirtió aquella pregunta en una ristra de cuestiones más interesantes: “Querida, siempre he pensado en lo bueno que sería preguntarle a los escritores vivos: sin pensar en los críticos, ¿dónde crees que no llega tu escritura?, ¿cómo pensabas que sería el libro antes de que fuera escrito?, ¿no crees que un libro que reuniera el conjunto de vuestras decepciones no sería toda una revelación?”

Creo que ese desfile de decepciones acabaría siendo un material de trabajo de gran utilidad para los creadores literarios porque éstos tendrían acceso a información muy reservada sobre los fiascos ajenos y quién sabe si no acabarían recibiendo interesantes lecciones de algunas de las experiencias confesadas. Uno piensa que, como mínimo, esa franqueza en el intercambio de suicidios íntimos relajaría el ambiente, ridiculizaría cualquier esperanza puesta en el ruido mediático que pueda envolver a una novela y, aunque pueda parecer un tanto utópico, permitiría que apareciera un libro insólito: una antología de textos que por fin entraría en una zona de sombras verdaderamente inédita al tratar nada menos que de aquello que en el medio literario no suele hablarse públicamente.

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LAS MOSCAS

the-deepLas moscas escriben y nosotros escribimos para mirar cómo muere una mosca. Eso afirma Marguerite Duras en su libro Escribir. ¿Somos nosotros mismos esa mosca y escribimos para ver cómo se desarrolla la historia de nuestra muerte de mosca?  Ignoro qué sentido exacto (suponiendo que lo tenga) tiene esa frase de Duras. Ella, en Escribir, cuenta cómo un día, mientras esperaba en su casa de Neauphle-le-Château la visita de Michelle Porte, se entretuvo mirando los movimientos de una mosca  moribunda que agonizaba en el jardín de la casa. Cuando llegó su amiga, Marguerite le comunicó la hora exacta en que había fallecido el pobre insecto. “La  mosca ha muerto a las tres y veinte de la tarde”, le dijo. Y  Michelle Porte tuvo un ataque de risa. Duras, imperturbable, escribiría unos días después: “Se escribe sin saberlo. Se escribe para mirar cómo muere una mosca. Tenemos derecho a hacerlo”. Y más adelante: “Escribir es intentar saber qué escribiríamos si escribiéramos”. Y finalmente una conclusión tajante que nos deja sin saber si reir o emocionarnos:  “Todo escribe a nuestro alrededor, eso es lo que hay que llegar a percibir: todo escribe, la mosca, la mosca escribe (…) La escritura de la mosca podría llenar una página entera. Entonces sería una escritura. Desde el momento en que podría ser una escritura, ya lo es”.

Si estoy a solas en casa y entra una solitaria y banal mosca me acuerdo inmediatamente de Kafka cuando en un relato decía que su quinto hijo era tan insignificante que uno se sentía literalmente solo en su compañía.

Todas las moscas son distintas. Pero el parentesco general entre ellas es innegable. Augusto Monterroso, gran experto en insectos, solía decir: “La mosca que hoy se posó en tu nariz es descendiente directa de la que se paró en la de Cleopatra”. El mundo de las moscas sin ley  siempre le atrajo y planeó una antología universal sobre ese enmarañado universo. Finalmente abandonó el proyecto porque vio que el volumen iba forzosamente a tener que ser infinito. Pero en Movimiento perpetuo ofreció a sus lectores una pequeña muestra de la historia mundial de las moscas. Movimiento perpetuo se iniciaba así: “Hay tres temas: el amor, la muerte y las moscas”. Un categórico comienzo para un libro inclasificable, escrito mucho antes de que hubiera tantos libros híbridos o inclasificables como ahora. En él, Monterroso zigzaguea de un género a otro, y pasa del ensayo al relato, y de éste a la digresión o el divertimiento. El zigzagueo está a la altura del mejor vuelo de la mejor mosca mundial. Los diferentes fragmentos están unidos por citas literarias en las que las moscas tienen su protagonismo. No hay un solo escritor profundo que no haya escrito alguna vez sobre las moscas. Ahí tenemos, por ejemplo, a Ludwig Wittgenstein, que escribió en Investigaciones filosóficas:  “¿Qué se propone uno con la filosofía? Enseñar a la mosca a escapar del frasco”.

A mi paso por Bogotá, entre varios controles policiales de cocaína y dinamita,  veo en el aeropuerto a una mujer que tiene una nariz como la de Cleopatra  (con el añadido de una peca de color castaño) y me acuerdo de la famosa frase de Pascal: “Si la nariz de Cleopatra hubiese sido más corta, la historia del mundo habría cambiado”

En verano las moscas humanas  se reúnen en  balnearios, apartamentos y hoteles. En su  pulcro concierto, bailan a medianoche. O atacan, sin uñas. Su zumbada  música es inconfundible. Marcel Proust decía que ellas componían pequeñas sinfonías que eran como la música de cámara del estío.

Escribo desde el Hotel Charleston de Cartagena de Indias. Aquí, frente al Pacífico y sitiado por moscas tropicales, rodeado de un mundo alucinante  de moscas sin ley,  encuentro amigos mallorquines y les hablo de Biel Mesquida, al que, poco antes de salir de Barcelona, vi en Saló de lectura, el formidable programa de Emilio Manzano. Les explico a los mallorquines que en su nuevo libro, Els detalls del mon, Mesquida  ha llevado a cabo un implacable retrato moral de Mallorca. Me miran como si mi  nariz fuera la de Cleopatra.  Su escritura sensorial, les digo,  está pensada  para lectores que lean con todo el cuerpo. El libro apuesta fuerte y brillantemente por el fragmento, como si quisiera descubrir el secreto del mar meditando sobre gotas de rocío. Contiene ochenta píldoras, ochenta  gotas de escarcha con las que el autor confía en dar a los lectores una energía saludable. Si en la sopas siempre hay una mosca, Els detalls del mon  también tiene la suya. La mosca está en la página 87 y escala la cima de un pastelito de té. Aquí, en Cartagena de Indias,  los pastelitos son pastelazos, el sol calienta y  las moscas  se beben  nuestro ron.

“¿Alguien oyó alguna vez toser a las moscas?”, preguntaban los hermanos Grimm en un cuento que leí de niño y cuyo título he olvidado, pero no así  aquella pregunta  que me ha acompañado siempre y me persigue ahora aquí en esta terraza del Charleston mientras una mosca me zumba por la oreja y trata de posarse sobre mi nariz. Un serio incordio hasta que comienza a ahogarse imprevistamente en un zumo de tomate. La remato de forma criminal, la mato con  toneladas de sal y  pimienta. No soy Cleopatra, me digo satisfecho. La mosca ha muerto, a las doce y cinco de la mañana.

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CONTRA LA MANÍA DE AMONTONARNOS [Café Perec]

Una luz del invernadero proyecta un resplandor extraño en la Quinta Avenida de Manhattan el 13 de mayo. Aunque la pandemia cerró la exposición "Countryside" del Guggenheim, su cosecha de tomates todavía está creciendo y alimenta a los neoyorquinos.

Una luz del invernadero proyecta un resplandor extraño en la Quinta Avenida de Manhattan el 13 de mayo. Aunque la pandemia cerró la exposición «Countryside» del Guggenheim, su cosecha de tomates todavía está creciendo y alimenta a los neoyorquinos.

La repentina exigencia de “distanciamiento social” pudo primero parecernos una catástrofe, y ahora observamos que abre oportunidades inmejorables para rediseñar espacios públicos, por ejemplo. Rem Koolhaas, el gran arquitecto de Rotterdam, es uno de los más implicados en estas transformaciones que, con la excusa de combatir el hacinamiento, están por venir. Aun siendo Koolhaas el autor de un libro esencial del siglo pasado, Delirio de Nueva York, muestra en los últimos tiempos un mayor interés por los amplios espacios rurales que por las aglomeraciones urbanas. Ya se sabe: el sabio puede cambiar de opinión; el necio, nunca. Y Koolhaas dio ese giro en sus opiniones ya mucho antes de que la pandemia le cerrara en marzo Countryside, The Future, su exposición en el Guggenheim de Nueva York, donde entre otras cosas podía encontrarse uno con un invernadero de tomates, cuya brillante luz rojiza, más allá del cierre obligado del museo, sigue actualmente proyectando en las noches un resplandor extraño –dicen que casi alienígena– en la Quinta Avenida.

He seguido con interés y hasta alegría las últimas intervenciones de Koolhaas en la prensa. Sugiere, por ejemplo, que no dejemos pasar la oportunidad de rediseñar nuestros horrendos aeropuertos y lograr que, en la medida de lo posible, vuelvan a parecerse a aquellos espacios altamente racionalizados que en otros días servían para simplemente llegar, facturar el equipaje y, dejándose de otras monsergas, subir al avión. Se trataría de imponer el distanciamiento en ese diseño serpenteante infestado de comercios con el que tropezábamos nada más acceder a las salas de espera, en esas pegajosas estancias en las que reinaba la dichosa manía humana de amontonarnos. Esa manía que ahora, cuando la evoco, me lleva a pensar directamente en lo que proponía Countryside: la necesidad de repensar nuestras ciudades en un momento en el que más de la mitad de la población mundial vive hacinada en ellas, ocupando sólo el dos por ciento de la masa terrestre, lo que no deja de ser estúpido y angustioso.

Koolhaas cree que en ese urgente rediseño de tantos lugares públicos vamos atrasados, tanto como hemos ido los países occidentales con respecto a las noticias que llegaban de China. Y es que Koolhaas, que diseñó la sede de la red de televisión estatal china, CCTV, en Beijing, no pudo sentirse más contrariado cuando vio que la pandemia en Wuhan era considerada, en un primer momento, un caso atípico: “Hay una forma de sinofobia que hace que la distancia entre Occidente y China se agrande cada día más. Y la prueba está en que las alarmas que sonaron allí fueron escuchadas aquí como algo remoto”

Countryside cerró, pero es ya inevitable que reabra un día para volver a hablarnos del regreso a ciertas formas de vida más desahogadas. Piénsese que en el campo no suelen verse, por ejemplo, hipotéticos “grupos de diez” (esa ensoñación del gobierno) quedando para ir a las terrazas. Y allí, además, hasta nos parece verosímil marcar distancias con el infierno: no apretujarnos para no incinerarnos.

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RESPUESTAS de ESCRITORES al COVID en ‘TOOLS FOR EXTINCTION’

27q7XIGAAparece hoy 21 mayo en Londres «Tools for Extinction»

Responds to the Covid-era we are now all living in and through.

Enrique Vila-Matas, Olivia Sudjic, Jon Fosse, etc.

Vila-Matas once again shows that he writes with a popular emotional barometer: https://republicofconsciousness.com/the-conch/2020

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Existió, existió la entrevista a Marlon Brando

-¿Hay algo que haga reír a Marlon Brando?

-Marlon Brando.

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La editorial colombiana BANDA PROPIA amplía a otros países la distribución de «Escribir París» de Sylvia Molloy y Enrique Vila-Matas

87181344_2600241916764581_8605212306067947520_o Banda Propia Editoras publicó en febrero en Colombia «Escribir París» de Sylvia Molloy y Enrique Vila-Matas. En breve el libro llegará a Argentina y Chile y otros países del área.

El «París de Molloy» narra dos ciudades: la de una estudiante argentina que se traslada a estudiar a la Sorbona, y se esfuerza por ser francesa, en los tiempos de la segunda posguerra y la batalla argelina; y la ciudad al borde de la revolución que visitará una década después, en pleno Mayo francés, y revisitará en sucesivas ocasiones con los recuerdos de Victoria Ocampo, el Parque de Bagatelle, los paseos de «juiciosa flânerie».

«Aire de París» es la capital recorrida por Enrique Vila-Matas como huella de otras ocupaciones: las calles donde cohabitan el bar preferido de Sinclair Lewis, Ezra Pound, John Dos Passos, el taller fotográfico de Man Ray, el hotel donde Tristan Tzara pensó el Dada, y aquel en que vivió Paul Gauguin y André Breton. Pero también la plaza en la que Georges Perec cuenta «todo lo que pasaba cuando no pasaba nada», el lugar en que Apollinaire inventa una palabra para decir «surrealismo» y donde los planos urbanos podrían ser caligramas.

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DOS TARDES CON BIOY [Café Perec]

Bioy Casares, Ocampo y Borges.

Bioy Casares, Ocampo y Borges.

En lugar de “una experiencia que nos ha hecho más ricos”, ¿no podríamos decir a veces que “una experiencia nos ha hecho más pobres”? La pregunta es de Peter Handke y, dadas las circunstancias actuales, cada día la veo más sensata. Pero no sé si estoy hablando influido por la excesiva resonancia de algunas frases que sobre la pandemia han dejado caer últimamente algunos. Unas cuantas frases que nos han empobrecido, casi todas de escritores, a los que se acude suponiéndoles confabulados con el aislamiento cuando en realidad muchos no están hechos para meditar, la actividad más imprescindible si quiere uno aislarse en una “cabaña para pensar”. También se recurre a ellos por otro equivoco, por su sobrevalorada capacidad para profetizar, y así estos días hemos tenido que enterarnos, por ejemplo, de que, “después del confinamiento, el mundo será igual, sólo que un poco peor”. Sin embargo, todos sabemos que no hay que pensar mucho para profetizar esto último. Porque lo que viene a decir esa frase que ha dado la vuelta mediática al mundo es tan obvio como que los loros sólo hablan en su lengua materna.

En Neuros Aires, el ágil libro del barcelonés Marc Caellas, he encontrado unas palabras muy atinadas de Bioy Casares sobre el mito de la inteligencia de los escritores: “La gente cree que las obras literarias están llenas de ideas profundas. Lo que es raro es que también se dejen engañar los escritores: deberían saber que no es para tanto”. Ya es divertido, bien mirado, que esto lo diga Bioy, que fue precisamente una inteligencia superior. El caso es que la creencia en la profundidad de la literatura remite al drama cotidiano de tantos que empezaron por suponer que crear a la hora de escribir era ir más allá de todos los esquemas (auscultación, por ejemplo, de la verdad profunda que hay en nosotros) y acabaron descubriendo que la verdad más honda que poseemos es precisamente ese esquema que nosotros mismos nos hemos construido, y que no hay más. Su drama recuerda al del chimpancé al que dieron papel y lápiz para que demostrara lo artista que era y no pasó de dibujar los barrotes de su propia jaula.

Pero, quien sabe, quizás como decía aquel castizo, lo que en verdad importa en este  mundo es pasar el rato. Aún recuerdo las dos tardes que pasé con Bioy en la terraza del Felipe II, en El Escorial. En una de ellas me habló de un periodista amigo que un día, a traición, le preguntó directamente por el sentido de su obra. Bioy me dijo que acusó el golpe y no supo ni qué contestarle, pero por la noche en su casa volvió a pensar en la tremenda pregunta y decidió que si se la volvían a hacer, recurriría al sentido del humor, que era muy útil porque permitía soltar una temible verdad por la vía de la comicidad. Le pregunté a qué verdad se estaba refiriendo. Y por momentos vi que Bioy dudaba, como si le hubieran vuelto a preguntar por el sentido de la obra. “A la ausencia general de profundidad”, dijo finalmente, con tanta ligereza que todavía ando preocupado.

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Sara Mesa’s Novels of Ambiguous, Twisted Power [Katie Whittemore en LITHUB]

sara-mesaSara Mesa is the author of nine works of fiction, including Scar (winner of Spain’s Ojo Crítico Prize and published in English by Dalkey Archive Press, translated by Adriana Nodal-Tarafa), Four by Four (a finalist for the Herralde Prize, out now from Open Letter Books, translated by Katie Whittemore), Cara de Pan and Mala letra (both forthcoming from Open Letter Books). Mesa has been hailed by the likes of Rafael Chirbes, Enrique Vila-Matas, Marta Sanz, and Jorge Herralde as one of the most interesting and personal voices writing in Spain today.

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Bunker, de Tote King, abre hoy el Cultural de La Vanguardia

Tote totalY Búnker se ha colado en las listas de los libros más vendidos a pesar de aparecer justamente cuando empezó el confinamiento.

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